Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

01/04/11 à 11:51 - Mise à jour à 11:51

L'or, chasse gardée des banques centrales ?

Seul l'or rassure les investisseurs, ces temps-ci. Or, les Etats traversent une grave crise de confiance. Pour se rassurer, ils multiplient les "protections" sur l'or...

J'essaie en général de ne pas revenir deux jours de suite sur un même sujet. Je ferai une exception aujourd'hui en vous reparlant de l'or. En effet, en lisant une lettre d'information sur les matières premières et les devises, j'ai appris que tout Américain souhaitant acheter de l'or pourrait bientôt devoir donner son nom, sa date de naissance, son sexe, son adresse et l'empreinte digitale du vendeur aux autorités. La raison invoquée ? Protéger les acheteurs de métal jaune des escrocs.

Marc Mayor, l'auteur de cette lettre d'information, pense qu'il y a une autre raison : confisquer plus facilement notre or. Sa thèse est simple. Seul l'or rassure les investisseurs, ces temps-ci. Or, les Etats traversent une grave crise de confiance. Pour se rassurer, ils multiplient les "protections" sur l'or. Pour Marc Mayor, à terme, l'or pourrait donc bien devenir la chasse gardée des banques centrales.

L'Etat de Washington, qui est à l'origine de ces nouvelles règles sur le métal jaune, ferait ici d'une pierre deux coups : imposer des règles contraignantes aux acheteurs permettra de dissuader l'achat d'or ; pour les plus rebelles, le fichage permettra de le confisquer plus rapidement.

Pour justifier sa thèse, cet expert des matières premières constate que la banque centrale des Pays-Bas vient d'ordonner à une caisse de retraite de vendre la majorité de l'or qu'elle détient. Pourquoi ? Parce que les gérants de cette caisse de retraite ont surpondéré l'or, avec 13 % de leur allocation.

Cette stratégie a bien entendu fait gagner une fortune aux adhérents de cette caisse de retraite, mais, pour l'autorité de contrôle qu'est la banque centrale néerlandaise, cette caisse de retraite a enfreint les règles de prudence, même si cela a rapporté de l'argent aux futurs retraités !

En résumé, selon Marc Mayor, la banque centrale néerlandaise a dit : "L'or est une monnaie pour l'Etat (moi) et pour les banquiers de la planète (mes associés), mais pas pour toi (le cerf)." La thèse de Marc Mayor est que la grande confiscation ne fait que commencer. L'or est appelé à devenir tellement précieux que les autorités cherchent déjà à savoir où il se trouve et comment le capter. La confiscation a commencé aux Pays-Bas. A qui le tour demain ?

Reste à savoir quelle est la différence entre une thèse formulée sous forme de question et une simple théorie du complot. De cela, je vous laisse seuls juges !

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