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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

26/02/10 à 10:00 - Mise à jour à 10:00

L'investissement pour le long terme est-il mort et enterré?

Un patron qui résiste aux sirènes de la Bourse, c'est plutôt rare. En général, la Bourse pousse les dirigeants à viser le court terme pour doper le cours de leur action et cette pression se fait tous les 3 mois car en Bourse, les entreprises cotées doivent présenter leurs résultats trimestriels.

Un patron qui résiste aux sirènes de la Bourse, c'est plutôt rare. En général, la Bourse pousse les dirigeants à viser le court terme pour doper le cours de leur action et cette pression se fait tous les 3 mois car en Bourse, les entreprises cotées doivent présenter leurs résultats trimestriels. Donc pour plaire à la Bourse et ne pas voir son cours être plombé, la politique générale consiste à annoncer régulièrement de bonnes nouvelles ou de nouvelles perspectives, tout cela pour justifier le cours de Bourse actuel et si possible le doper.

Beaucoup d'analystes ont donc été étonnés de voir que le patron de Danone a envoyé promener tous ces spécialistes qui lui demandaient de vendre son département eau, un département qui regroupe des marques comme Evian ou Volvic.

L'idée de ces spécialistes, c'est que les ventes d'eaux minérales ont baissé en 2008 et en 2009 parce que les consommateurs européens et américains sont plus sensibles à l'environnement et ont donc pénalisés les bouteilles en plastique. Comme le businesse de l'eau représente 18% du chiffre d'affaires de Danone, l'idée suggérée par ces spécialistes, c'est que Danone doive abandonner ce segment de l'eau et se concentrer uniquement sur ses yaourts et ses "baby foods".

Mais pas question pour la direction de Danone d'aller dans ce sens . Primo, parce que sous l'angle environnemental, des efforts soient faits pour que les bouteilles en plastique soient de plus en plus recyclables. La vraie raison, c'est que Danone a pris un positionnement haut de gamme avec ses yaourts, en les présentant comme des produits santé et en y appliquant un prix plus élevé .

Le seul problème, c'est qu'avec la crise, le prix n'est plus insensible aux portefeuilles des consommateurs et donc le patron de Danone a compris que la croissance de sa firme viendra de la hausse des ventes et donc plus en jouant sur les volumes que sur la hausse des prix. C'est pourquoi, il est important pour Danone de conserver des marques comme Evian ou Volvic car elles se prêtent bien à cette stratégie de volume.

C'est bien vu de la part des dirigeants, même si comme le faisait remarquer un analyste boursier au Financial Times, ce choix, je peux le comprendre, mais il se fera au détriment de la hausse de l'action Danone et donc des actionnaires. Un exemple de plus que l'intérêt à long terme d'une entreprise ne correspond pas nécessairement avec celui plus à court termes des actionnaires : mais qui en doutait encore.

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