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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/01/11 à 11:57 - Mise à jour à 11:57

L'Internet explose : bonne ou mauvaise nouvelle ?

L'usage de l'Internet explose. Rien que pour les cinq ans à venir, on estime que le trafic sur le fixe - au départ d'un PC - augmentera d'un tiers chaque année. Quant au trafic mobile, donc au départ d'un smartphone, il doublera. Bonne nouvelle ? Oui et non.

L'usage de l'Internet explose. Rien que pour les cinq ans à venir, on estime que le trafic sur le fixe - au départ d'un PC - augmentera d'un tiers chaque année. Quant au trafic mobile, donc au départ d'un smartphone, il doublera. Bonne nouvelle, direz-vous, car cela prouve que tout le monde est connecté, ce qui est synonyme d'une société moderne.

Oui, sauf que cette explosion de trafic, il faut bien que quelqu'un la paie en investissant dans les réseaux. Pour le moment, ce sont les opérateurs télécoms qui réalisent ces investissements, mais là, c'est stop : ils n'ont plus envie de passer à la caisse tous seuls. D'autant que, pour simplement maintenir le niveau de service actuel du Net, tous ces opérateurs européens devront dépenser chaque année 8 milliards d'euros !

Officiellement, ce n'est pas un énorme problème. Après tout, les opérateurs télécoms se font une belle marge, de l'ordre de 35 %, ce qui est une marge nettement plus élevée que dans les autres secteurs. En apparence, oui, mais si l'on tien compte des investissements consentis, les marges nettes sont beaucoup plus faibles. Les quatre plus grands opérateurs européens se sont donc réunis pour faire du lobbying. Leur message est clair : ils veulent bien continuer à investir dans l'Internet pour faire face au trafic qui explose, mais ils veulent un partage des revenus.

A l'heure actuelle, les consommateurs ont droit à un trafic quasi illimité inclus dans leur forfait. Demain, ce ne sera sans doute plus le cas, pour inciter les consommateurs à se rendre compte du prix des services et pour qu'ils refreinent leur consommation.

L'autre piste consiste à faire payer les YouTube et autres Google qui profitent de l'explosion du trafic mais ne donnent pas un centime à l'opérateur télécom. Le vrai problème, c'est que YouTube et Google sont des géants mondiaux avec une seule direction, située aux Etats-Unis, alors qu'en face, il y autant d'opérateurs télécoms qu'il y a de pays en Europe.

C'est sur cette division que jouent les YouTube et Google pour, finalement, ne rien payer, alors qu'ils sont les premiers bénéficiaires de l'explosion du trafic Internet. Les opérateurs télécoms risquent de râler encore longtemps avant de voir la couleur du portefeuille de YouTube, même si la vidéo en ligne représente déjà 70 % du trafic sur l'Internet.

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