Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/08/10 à 10:40 - Mise à jour à 10:40

L'hirondelle des profits n'annonce pas le printemps économique

Malheureusement, l'hirondelle des profits des entreprises ne signifie pas que le printemps économique soit à nos portes.

Les entreprises belges vont mieux, nettement mieux qu'en 2009 et 2008. Elles le prouvent à travers les résultats affichés au premier semestre de 2010. Les bénéfices du Bel 20, l'indice des 20 plus importantes sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles, montrent que ces bénéfices ont été supérieurs aux attentes des analystes. A lire tous ces bons chiffres, on peut légitimement penser que notre pays est sorti de l'ornière. Le plus gros de la crise serait-il donc derrière nous ?

Malheureusement, ce serait trop beau. Comme le fait remarquer Etienne de Callataÿ, économiste de la banque Degroof, si les résultats sont bons en 2010, c'est parce que les entreprises ont profité du restockage et des incitants financiers du gouvernement, ainsi que de la baisse de l'euro, qui a servi de dopant pour les entreprises exportatrices. Sans oublier le fait que les entreprises ont pris prétexte de la crise pour se restructurer de manière plus forte et plus rapide que par le passé. Elles l'ont fait avec d'autant moins d'états d'âme que les banques avaient fermé le robinet du crédit.

Voilà pour l'explication. A présent que le spectre de la crise s'est éloigné grâce à ces bons chiffres, peut-on enfin pousser un "ouf" de soulagement ? Pas encore, hélas ! Si les entreprises vont mieux pour les raisons que je viens de développer, ces mêmes entreprises ne vivent pas sur une île. Elles dépendent du climat économique global.

Or, ce climat est en train de se détériorer, car les Etats-Unis ne vont pas bien. L'immobilier ne se porte pas bien et le taux de chômage demeure très élevé. Quand la première économie du monde va mal, il est clair que cela a un impact sur les autres régions, l'Europe mais aussi la Chine.

Il est donc probable que les résultats des entreprises pour les prochains trimestres ne seront pas aussi bons que ceux du premier semestre. C'est pourquoi la Bourse déprime quelque peu, car elle a déjà anticipé ce ralentissement. Les entreprises le savent bien et risquent de rester très prudentes durant les prochains mois. Autrement dit, elles risquent de ne pas embaucher énormément car elles veulent rester flexibles tant que l'avenir reste incertain.

L'hirondelle des profits des entreprises ne signifie donc pas que le printemps économique soit à nos portes.

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