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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

21/04/10 à 12:57 - Mise à jour à 12:57

L'événement de trop pour le secteur aérien

Ce nuage de cendres, c'est vraiment l'événement de trop pour le secteur aérien qui était déjà en mauvais point. En raison de la crise économique, il risque, en effet, de passer au rouge vif en 2010.

Ce nuage de cendres, c'est vraiment l'événement de trop pour le secteur aérien qui était déjà en mauvais point. En raison de la crise économique, il risque, en effet, de passer au rouge vif en 2010.

Association qui regroupe 230 compagnies aériennes, l'IATA a estimé la perte de chiffre d'affaires à 250 millions de dollars, soit 186 millions d'euros par jour. Ce qui porte le manque à gagner à plus d'un milliard de dollars depuis le début de l'éruption volcanique

Quant aux actions des compagnies aériennes, elles ont toute bu la tasse ces derniers jours. Lufthansa, Air-France KLM, SAS, British Airways, toutes ont vu leurs cours dégringoler. Il est vrai que la Bourse n'aime pas les incertitudes, et là elle a été servie. Entre le fait de ne pas savoir quand les compagnies pouvaient reprendre leurs activités et le fait de ne pas savoir exactement combien leur coûtera cette situation sans précédent, il y avait en effet de quoi affoler la Bourse.

Mais une chose est certaine, l'Etat, ou plutôt les Etats, vont sans doute devoir venir à la rescousse de ces compagnies. La commission européenne a d'ailleurs déjà indiqué qu'elle étudiait la question pour savoir si elle pourrait autoriser les Etats nationaux à verser des aides exceptionnelles. La commission va probablement se baser sur la situation du 11 septembre 2001, puisqu'à l'époque aussi, le secteur aérien avait trinqué et qu'il a fallu, dare-dare, autoriser les Etats à aider leurs compagnies aériennes.

Evidemment, la commission européenne n'est pas naïve, elle va jouer au gendarme et vérifier de très près ces aides. Ce dont a peur la commission, c'est de voir certains Etats - l'Italie par exemple - prendre prétexte de cette crise pour octroyer des aides à des canards boiteux, des compagnies qui étaient déjà mal en point avant ce nuage de cendres ! Eh oui, la crise sert parfois, hélas, de prétexte pour accomplir des choses inavouables.

Mais quand 500 000 emplois sont menacés en Europe, peut-on se montrer sourd aux appels à l'aide des compagnies aériennes ? Poser la question, c'est déjà y répondre.

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