Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/10/11 à 09:19 - Mise à jour à 09:19

L'Europe est enfin parvenu à un accord historique

Pendant que nous dormions tous très profondément cette nuit, l'Europe est enfin parvenu à un accord historique. Un accord qui devrait - je l'espère - calmer les marchés financiers et nous permettre à tous de retrouver un peu de sérénité et non pas craindre à tout moment que tout va exploser.

L'accord obtenu va soulager la Grèce en réduisant progressivement sa dette publique de 160% à 120% du PIB - et en multipliant les moyens financiers mis à disposition de l'Europe afin d'éviter qu'une défaillance de la Grèce ne se propage à d'autres pays comme l'Espagne ou pire encore l'Italie !

Mais soyons clairs - ceux qui ont tenu la vedette toute cette nuit, ce sont les banquiers. Et pour cause, tout le monde leur demandait de faire un effort colossal çàd d'abandonner 50% de la valeur de leurs créances - autrement dit, prendre une perte de 50% de la valeur des obligations grecques qu'ils détiennent en portefeuille !
Plus facile à dire qu'à faire car peu après minuit, le représentant des banques a publié un communiqué, affirmant : "qu'il n'y avait pas d'accord sur quelque élément que ce soit en vue d'un accord". A ce moment là, on craignait donc la rupture, mais heureusement pour nous tous, c'était encore une posture de négociations.

D'autant que de son côté, l'Allemagne restait prête, en dernière extrémité, à déclarer la Grèce en faillite en faisant porter le chapeau aux banquiers. La France et la banque centrale européenne notamment, redoutaient les conséquences d'un tel saut dans l'inconnu. Et donc, grâce au ciel, un accord a finalement été trouvé peu avant 4 heures du matin.

Et donc, finalement, l'Europe a obtenu que les banques abandonnent 100 milliards d'euros sur les 210 milliards de dette grecque qu'elles détiennent. Le reste, elles continueront à le prêter à Athènes, mais à long terme et avec des taux d'intérêt très bas.
Toute la nuit, le secteur bancaire a donc hésité à s'engager "volontairement" dans cette opération, qui est, disons-le, une faillite déguisée de la Grèce et qui leur fait porter la plus grosse part de l'effort supplémentaire, effort rendu nécessaire par l'aggravation de la situation grecque ! De fait, nous pouvons tous pousser un "ouf" de soulagement ce jeudi matin -L'Europe a démontré une fois de plus sa capacité de réaction, surtout quand elle est au bord du précipice.

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