Geert Noels
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Retrouvez chaque semaine l'opinion de Geert Noels, chief economist du gestionnaire de fortune Econowealth.
Opinion

09/03/11 à 16:11 - Mise à jour à 16:11

"L'euro ne peut continuer à vivoter ainsi !"

Geert Noels prend congé des lecteurs de Trends-Tendances pour se concentrer sur son entreprise d'investissement Econopolis. Il réagit ici à quelques-uns des propos qu'il a tenus dans notre magazine.

"L'euro ne peut continuer à vivoter ainsi !"

"Aujourd'hui, nous ferions mieux de parler de dualflation, c'est-à-dire de l'inflation et de la déflation en même temps." (Trends-Tendances du 10 janvier 2008)

Geert Noels. "Ce combat entre les forces inflationnistes et déflationnistes persiste. La pression inflationniste est fortement concentrée dans un nombre assez limité de secteurs (l'énergie, l'alimentation, les métaux et dans les pays émergents) alors qu'il n'est pas encore question d'une véritable pression inflationniste sur un large front économique. Les attentes d'inflation restent ancrées en Europe et n'augmentent que légèrement aux Etats-Unis. Les forces déflationnistes sont toujours importantes. C'est pourquoi j'estime que le pic d'inflation peut s'estomper assez rapidement."

"On voit apparaître d'importants déséquilibres dans la zone euro. La solidité allemande versus l'insouciance du Club Med." (Trends-Tendances du 26 avril 2007)

"La lutte entre la discipline et le laisser faire continuera à agiter la zone euro au cours des 10 prochaines années. Sans efforts de discipline supplémentaires de la part des autres Etats, les Allemands se retireront de l'euro. On négocie actuellement un Traité de Maastricht II. Les équilibres budgétaires deviendront la nouvelle norme et les déficits budgétaires de 3 % ne seront plus possibles que si la conjoncture est défavorable. Et on mettra quelque chose au point pour mesurer et surveiller la compétitivité.

En fait, nous sommes déjà dans le pétrin depuis près de 10 ans et l'euro ne peut pas continuer à vivoter ainsi encore 20 ou 30 ans. Si la Grèce ou l'Irlande renoncent à mener leur combat de restrictions et d'économies, ces pays voudront aussi sortir de l'euro. A un certain moment, la Grèce pourra dire : Nous sommes étranglés, nous voulons un autre système. L'ancien SME (système monétaire européen) a aussi éclaté, après quoi les devises ont pu fluctuer dans une large bande. Nous évoluons à présent dans la même direction.

On peut concocter un système dans lequel un groupe de pays pourra dévaluer de 5 % de façon contrôlée au cours des cinq prochaines années. Ainsi après cinq ans, ils auront une dévaluation de 25 %, et c'est un chemin praticable vers la compétitivité. D'aucuns s'écrieront que c'est une Europe à deux vitesses. Mais l'Europe est déjà à deux vitesses. Aujourd'hui, la périphérie se contracte tandis que le noyau grandit assez vite."

"Il ne fait aucun doute que 2008 sera une année difficile. Mais il y a pas mal de raisons d'aspirer à cette nouvelle année." (Trends-Tendances du 20 décembre 2007)

"Hé oui, cela peut arriver à tout le monde d'être à côté de la plaque. La pression que l'on subit en fin d'année pour dire quelque chose de positif, a toujours été très forte. Quand on écrit 12 mois durant des chroniques empreintes de pessimisme, on réalise que les gens veulent aussi savoir quand les choses commenceront à aller mieux. J'avais pensé que l'effondrement viendrait plus tôt en 2008 et que nous aurions assisté à la reprise de l'activité à la fin de cette année-là. Aujourd'hui, nous sommes loin d'être sortis de l'auberge. L'euro n'est pas encore sauvé. La Chine doit encore se trouver un modèle plus durable pour sa croissance économique. Et aux Etats-Unis, le président Barack Obama n'inspire qu'une grande désillusion."

"Le modèle bancaire du passé a volé en éclats. Mais il faut beaucoup de temps avant que les investisseurs revoient leur opinion." (Trends-Tendances du 24 avril 2008)

"Un changement structurel prend facilement 10 ans. Les banques ont donc encore de cinq à 10 ans de transformation qui les attendent : des bilans plus petits, un effet de levier d'endettement réduit, moins de transactions, plus de transparence. Les banques étaient trop grandes et elles le sont encore toujours."

Propos recueillis par Daan Killemaes

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