Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/09/10 à 11:22 - Mise à jour à 11:22

L'épargne des Belges, pire et meilleure des choses...

Avec leurs actifs financiers nets, les ménages belges pourraient financer la totalité de notre dette publique et des dettes des entreprises !

Les Belges sont des écureuils et leur épargne les protège de la hausse de la dette publique belge. C'est en soi un exploit lorsqu'on sait que notre dette va à nouveau franchir la barre des 100 % de notre PIB, c'est-à-dire de notre richesse nationale annuelle. C'est cette épargne abondante qui nous a permis et nous permet encore de ne pas subir le sort de la Grèce et de ne pas être logé à la même enseigne que le Portugal, l'Irlande et l'Espagne !

La banque ING vient de démontrer que les Belges ont des actifs financiers nets (hors dettes) à hauteur de 575 milliards d'euros. Autrement dit, avec cette somme, les ménages belges pourraient financer la totalité de notre dette publique et des dettes des entreprises. En outre, nous dégagerions encore un solde positif supérieur à 50 % de notre PIB !

C'est une excellente nouvelle car, même si le but, je vous rassure, n'est pas de faire disparaître votre épargne pour effacer les ardoises de l'Etat belge, une épargne aussi massive rassure les marchés financiers sur la solvabilité de notre pays. Cela nous permet de payer un taux d'intérêt raisonnable.

Lorsqu'on compare, par exemple, notre situation avec celles de nos amis portugais, il n'y a pas photo. Du fait de la faiblesse de leur épargne, les Portugais devraient au contraire s'endetter à hauteur de 100 % de leur PIB pour pouvoir payer les dettes des entreprises et de l'Etat portugais !

Attention, cependant. Le fait que nos concitoyens épargnent quasiment 20 % de leur revenu disponible n'a pas que des avantages. Cet argent épargné, c'est autant de fonds qui ne sont pas consommés et donc pas injectés dans le circuit économique. Comme toujours, l'épargne, c'est un peu, à l'instar de la langue d'Esope, la pire et la meilleure des choses.

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