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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/04/10 à 10:44 - Mise à jour à 10:44

L'enthousiasme des Belges pour les livrets d'épargne

Les Belges ont peur pour leur avenir et quand ils ont peur, ils économisent ! Le meilleur baromètre de cette peur dans l'avenir, c'est le montant parqué sur les livrets d'épargne en Belgique. Il est aujourd'hui arrivé à un montant record de 200 milliards d'euros, 200 milliards d'euros répartis sur 20 millions de comptes, ce qui prouve que les Belges disposent d'au moins deux comptes d'épargne, des comptes sur lesquels sont déposés en moyenne 10 000 euros.

Les Belges ont peur pour leur avenir et quand ils ont peur, ils économisent ! Le meilleur baromètre de cette peur dans l'avenir, c'est le montant parqué sur les livrets d'épargne en Belgique. Il est aujourd'hui arrivé à un montant record de 200 milliards d'euros, 200 milliards d'euros répartis sur 20 millions de comptes, ce qui prouve que les Belges disposent d'au moins deux comptes d'épargne, des comptes sur lesquels sont déposés en moyenne 10 000 euros.

Le journal Le Soir s'est posé la question de savoir d'où venait notre engouement pour ces livrets d'épargnes ? La question est excellente à plus d'un titre. D'abord sur le plan de la rentabilité, a priori, ces carnets de dépôts ou livrets d'épargne ne rapportent pas grand-chose. Si on fait la moyenne des rendements actuels, on tourne autour de 1,15% de taux de base plus une prime de fidélité très maigrichonne de 0,5%. Quant aux comptes Internet qui auparavant donnaient un rendement supplémentaire, aujourd'hui, c'est moins le cas, car visiblement les banquiers ne voient plus pourquoi ils iraient encore engraisser le client qui a mordu à leur hameçon.

Si le rendement n'est pas terrible, l'enthousiasme des Belges pour les livrets d'épargne doit être recherché ailleurs et notamment du côté de la sécurité - la crise a littéralement traumatisé les Belges. La meilleure preuve, c'est qu'avant la crise, le montant déposé sur les livrets d'épargne était de 130 milliards d'euros contre 200 aujourd'hui. Cet appel d'air pour ces livrets d'épargne a deux sources, la première, c'est la peur de la Bourse - et la deuxième, c'est la garantie de l'Etat. Celle-ci est passé de 20.000 euros à 100.000 euros et donc cette garantie accrue a littéralement servi d'aspirateur pour ces livrets d'épargne.

Mais il est probable qu'en fin d'année, ce montant 200 milliards va quelque peu diminuer en partie, parce que la confiances des ménages est en train de s'améliorer. C'est ce qui s'est passé lors de l'éclatement de la bulle Internet, les épargnants sont sortis très vite de la Bourse pour se réfugier vers les carnets d'épargne mais quand les craintes se sont dissipées, l'épargne est repartie vers le marché des actions. Nous n'en sommes pas encore là, et vu la dureté de la crise, il ne faut pas s'attendre à ce que les épargnants vident leurs comptes d'épargne.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les Belges préfèrent les carnets d'épargne : ils n'aiment pas bloquer leur épargne et c'est vrai que le placement le plus liquide, c'est ce bon vieux carnet d'épargne. En tout cas, c'est ce qu'ils pensent, même si paradoxalement, pour bénéficier de la prime de fidélité, ils doivent quand même laisser leur argent bloqué pendant 12 mois. La logique de l'épargnant passe parfois par des chemins sinueux...

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