Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/05/11 à 10:41 - Mise à jour à 10:41

L'économie belge a-t-elle vraiment besoin d'un gouvernement ?

Alors qu'en Belgique, nous avons tendance à nous auto-flageller, les étrangers, nous regardent parfois avec envie et étonnement...

Alors qu'en Belgique, nous avons tendance à nous auto-flageller, les étrangers, nous regardent parfois avec envie et étonnement. C'est le cas, par exemple, de la lettre d'information financière MoneyWeek, qui a consacré une enquête à notre beau pays en se demandant tout simplement si l'économie belge avait vraiment besoin d'un gouvernement.

La réponse de l'enquête est clairement : non ! Pour éviter les propos de bistrot, regardons les chiffres. Prenons le chiffre de la croissance : pour la Belgique, la croissance en 2011 est prévue autour des 1,8 %, ce qui est supérieur à la moyenne des pays de la zone euro (1,5 %). De même, pour ce qui concerne notre déficit public, la Belgique devrait avoir le bonheur de retrouver un déficit de 3 % du PIB d'ici 2012. Nous serons ainsi l'un des rares pays à respecter le pacte de stabilité imposé par l'Europe. C'est en soi un autre exploit.

Quant à l'emploi, il y a là aussi des améliorations notables, puisqu'il s'inscrit à 7,6 %, ce qui est encore trop mais nettement mieux que les 9,9 % de la zone euro !

En fait, le seul vrai point noir de notre pays, c'est notre dette publique, qui tutoie aujourd'hui les 100 % du PIB. Le montant de notre dette publique équivaut donc à la création de richesse du pays en un an.

Là encore, les marchés financiers ne sont pas trop inquiets, cependant. D'abord, parce que l'épargne des belges est abondante et compense cette dette publique. Ensuite, parce que les Belges ont déjà eu une dette publique de 134 % du PIB, et nous avons réussi, à l'époque, à la faire baisser à 84 % du PIB. Autrement dit, ce que nous avons déjà fait une fois, peut être accompli une seconde fois !

La meilleure preuve que les investisseurs nous accordent du crédit - dans le sens premier du terme - c'est que, le 18 avril dernier, la Belgique a dû emprunter un montant de 3 milliards d'euros. Cet emprunt a pu être placé sur le marché sans aucun problème et à un taux d'intérêt raisonnable. Cerise sur le gâteau, le secteur privé en Belgique - les entreprises et les ménages - compte parmi les moins endettés en Europe.

Tout cela joue en notre faveur. Ce qui nous sauve aussi, du moins aux yeux de la lettre d'information MoneyWeek, c'est que les trois Régions disposent de leurs propres compétences économiques. Si bien que l'absence de gouvernement fédéral n'a finalement pas entravé le fonctionnement du pays. Il faut bien être un observateur étranger pour oser penser ou dire ce genre de choses.

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