Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

04/11/10 à 09:55 - Mise à jour à 09:55

L'économie américaine fait trébucher Obama

La défaite subie par Barack Obama dans le cadre des élections de mi-mandat ne doit rien au hasard. Comme il l'a souligné lui-même, c'est l'état lamentable de l'économie américaine qui l'a fait trébucher.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : depuis la fin 2007, les Etats-Unis ont perdu plus de 8 millions d'emplois. Un américain sur 5 est sans emploi ou avec un emploi à temps partiel. Un crédit immobilier sur 8 amène à la saisie et pire que tout, un américain sur 8 vit de bons alimentaires ! Et puis, il y a la peur, et notamment la peur du déclassement de la classe moyenne : près de 100 millions d'Américains vivent aujourd'hui avec des revenus inférieurs à ceux de leurs parents au même âge. Si on ajoute à cela, le fait, qu'au même moment, 45 Etats ont opéré des coupes claires dans des services vitaux pour les plus démunis, on comprendra pourquoi la crise a également éloigné les supporters de Barack Obama.

Obama se réveille avec la gueule de bois, mais surtout il va devoir composer. D'un côté, il y a le mouvement populaire et très réactionnaire qu'on appelle là-bas le "tea party" et qui ne cesse de diaboliser Obama. Tantôt en le traitant de musulman, tantôt de communiste, et tantôt de nazi. Autant d'insultes qui traduisent la colère et donc la peur d'une partie non négligeable de la population américaine qui croit que l'équipe d'Obama a profité de la crise pour socialiser le pays. Quand on sait qu'aux Etats-Unis, le mot "socialisme" est la pire insulte, on a compris.

Et puis, sur son aile gauche, Barack Obama est également critiqué, notamment pour être trop sensible aux lobbys bancaires. Mais il est vrai que n'importe quel locataire de la Maison Blanche n'a pas vraiment les coudées franches pour réformer. En 2009, on a dénombré plus de 13.700 lobbyistes à Washington qui ont dépensé 3,5 milliards de dollars sous forme de trafic d'influence. 13.700 lobbyistes à Washington, cela veut dire qu'il y avait 26 lobbyistes par député. Comment dans ces conditions, peut-on encore faire voter une loi sans qu'elle ne soit dénaturée ? C'est en partie à cette question là que devra répondre Barack Obama. S'il réussit, il aura le destin de Clinton et rempilera pour un second mandat. Sinon, il suivra le même chemin que Jimmy Carter : la porte de sortie et la fin d'un rêve.

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