Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

07/09/12 à 09:44 - Mise à jour à 09:44

L'austérité niée par la fée confiance

Les gens en ont marre. De quoi ? Mais de l'austérité, pardi ! A droite, à gauche, au nord et au sud, on ne parle plus que de l'austérité. Et les médias ne sont pas en reste, non plus. C'est sans doute après le mot crise, l'un des mots les plus utilisés pour décrire la situation actuelle.

Ceux qui sont contre l'austérité se délecteront des deux derniers livres de Paul Krugman et Joseph Stiglitz, tous deux Prix Nobel d'économie. Dans ces deux ouvrages, la thèse principale est qu'on s'est trompé de solution pour sortir de cette crise.

Le "on", ce sont bien entendu nos gouvernements - la Grèce, le Portugal, l'Espagne, l'Italie et même des pays comme la France ou la Belgique - qui ne jurent que par la rigueur. Tous - je dis bien tous - souhaitent réduire leur déficit public au plus vite.

Pourquoi ? Parce que nos hommes politiques ont peur des marchés financiers, qui, quand ils trouvent que vos efforts sont insuffisants, vous massacrent avec des taux d'intérêt très élevés. Ceci finit d'ailleurs par vous envoyer droit dans le mur encore plus rapidement que prévu.

Le maître-mot de tous les gouvernements qui ont adopté des mesures d'austérité, est donc : la confiance. Pour rassurer les marchés financiers, il faut leur redonner confiance. Mieux encore, les tenants de l'austérité pensent qu'en faisant le ménage dans les dépenses publiques, même les citoyens finissent par restaurer la confiance dans leur gouvernement et épargnent un peu moins, pour consommer un peu plus.

Le seul problème, selon ces deux prix Nobel d'économie, est que la fée "confiance" n'est jamais venue. Jamais, ni pour l'Espagne, ni pour l'Italie, ni même pour la Grèce, et cela, malgré tous les efforts de la population !


Selon Krugman et Stiglitz, le drame des politiques actuelles est qu'elles appliquent l'austérité au pire moment. Donc, idéalement, il faudrait que la rigueur soit étalée dans le temps, car quand tout le monde se serre la ceinture au même moment, plus personne ne vend ses produits et services aux autres et c'est le chômage assuré.

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