Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/01/12 à 09:54 - Mise à jour à 09:54

Kodak : la fin d'un mythe américain ?

Une firme pas plus qu'un être humain n'est immortelle - c'est ce qu'on redécouvre avec l'entreprise américaine Kodak.

Une firme pas plus qu'un être humain n'est immortelle - c'est ce qu'on redécouvre avec l'entreprise américaine Kodak. Pour les plus jeunes ce nom ne dit pas grand-chose ; en revanche, pour les plus âgés, voilà un nom qui rappelle des souvenirs de photos prises à la mer, à l'école ou plus simplement à la maison. Voici 20 ans encore, le logo de cette firme plus que centenaire était visible partout. Aujourd'hui, cette même firme lutte pour ne pas devoir déposer le bilan.

Le cours de l'action Kodak, qui est sans doute l'indicateur le plus fiable de cette déchéance, est tombé en-dessous d'un dollar, alors qu'en 2007, l'action Kodak valait encore 29 dollars. L'action Kodak a donc fondu de... 97 % en quatre ans !

La raison de cette déchéance tient au fait que les dirigeants de Kodak n'ont pas su négocier le virage de la pellicule argentique vers l'image numérique. Kodak ne figure qu'à la 4e place mondiale, avec 9 % de parts de marché, loin, très loin derrière ses concurrents asiatiques que sont Canon, Nikon et Sony. Ce n'est pas faute de vouloir se diversifier. Même dans ce cadre-là, la reconversion de Kodak est un échec. C'est le cas des ventes d'imprimantes à jet d'encre, marché dans lequel Kodak représente à peine 3 % de part de marché. Comparé à HP (34 %), ce n'est rien.

Résultat : comme l'a annoncé la presse économique, la direction de Kodak essaie de gagner du temps pour trouver des liquidités et passer l'année 2012. Fondée en 1881, Kodak a été un mythe du business américain. Aujourd'hui, elle en est réduite à essayer de vendre au plus offrant 1.100 brevets sur les 3.000 qu'elle possède pour ramener un peu de cash dans l'entreprise. Vouloir vendre des brevets, pour une entreprise technologique, c'est comme vendre des bijoux de famille : cela laisse penser que la fin est proche.

Kodak se bat, il est vrai. La firme espérait même gagner un peu d'argent en attaquant Apple pour violation de brevet, une attaque très à la mode en ce moment aux Etats-Unis. Le juge désigné pour arbitrer ce litige a toutefois reporté sa décision à septembre 2012. Or, comme le suggérait le journal Le Monde, il n'est pas évident que Kodak puisse tenir jusqu'en septembre prochain. Un mythe industriel risquerait alors de s'effondrer.

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