Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

03/07/12 à 11:03 - Mise à jour à 11:03

Justice pour tous

GlaxoSmithKline, soit l'un des plus importants laboratoires pharmaceutiques au monde, va payer une amende record de 3 milliards de dollars pour mettre fin à des poursuites du gouvernement américain.

Il était en effet accusé d'avoir fait de la "promotion illégale de certains médicaments, de ne pas avoir dévoilé certaines données liées à la sécurité des médicaments et d'avoir fait de fausses déclarations sur les prix ". Il s'agit là du plus important accord à l'amiable d'un groupe de santé dans l'histoire des Etats-Unis ainsi que du plus gros versement payé par une firme pharmaceutique.

Le même jour, le président de la banque britannique Barclays donnait sa démission. Il n'avait pas trop le choix : son établissement - avec d'autres - a participé à un scandale de manipulation des taux d'intérêt tout simplement "dévastateur" pour la réputation de la banque. Cette manoeuvre frauduleuse a eu un impact jusqu'en Belgique, puisque ce taux d'intérêt - le Libor - est à la base de ceux fixés pour votre carte de crédit, vos crédits personnels ou vos prêts hypothécaires variables. En attendant la mise en place d'une commission parlementaire sur cette affaire, la banque Barclays a déjà payé une amende de 360 millions d'euros !

Même Google semble avoir des ennuis - pas avec la justice mais avec la commission européenne de la concurrence. Cette dernière a été saisie par des plaintes de concurrents et de sociétés clientes de Google qui lui reprochent, pour résumer, de pratiquer du favoritisme vis-à-vis de ses propres services. Or Google a toujours déclaré que son moteur de recherche était neutre et n'était guidé que par des algorithmes mathématiques au-dessus de tout soupçon. Autrement dit, l'une des interrogations de la commission européenne est par exemple : l'algorithme de Google est-il programmé pour référencer d'abord les vidéos de YouTube au détriment de celles d'un concurrent comme Dailymotion ? La question n'est pas innocente au vu des intérêts que Google possède dans YouTube. Si l'enquête arrive à démontrer que c'est le cas, alors l'amende pourrait s'élever à 10% du chiffre d'affaire du premier moteur de recherche au monde. Pour le moment, la commission examine les réponses de Google à toutes ces questions.
Tout cela nous montre que des sociétés ayant pignon sur rue ne sont plus aujourd'hui à l'abri d'un coup de gourdin de la justice ou des autorités, en période de crise surtout. Ce qui est plutôt salutaire : le public ne comprendrait pas qu'il y ait deux justices.

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