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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:23 - Mise à jour à 15:23

Joseph Stiglitz, la guerre en Irak, et les séquelles de la crise

Invité en Europe pour réfléchir à une nouvelle définition de la croissance, Joseph Stiglitz n'a pas sa langue en poche pour dénoncer la guerre en Irak et prévenir des conséquences de la crise financière.

Joseph Stiglitz, la guerre en Irak, et les séquelles de la crise

Joseph Stiglitz, le prix Nobel d'économie américain, n'a en général pas sa langue en poche. De passage en Europe à la demande de Nicolas Sarkozy, il planche actuellement sur une nouvelle définition de la croissance. Une définition qui ne devrait pas seulement être comptable, mais aussi inclure le bien-être de la population. En effet, avec la définition actuelle, lorsqu'un pays voit ses dépenses augmenter pour construire des prisons par exemple, cela fait automatiquement augmenter le PIB, et donc la croissance de celui-ci. Or il est clair qu'un pays où le nombre de détenus augmente n'est pas un pays qui va bien. C'est précisément pour introduire ce genre de nuances dans le calcul actuel de la croissance que Sarkozy a fait appel à Stiglitz.

Mais ce qui est intéressant, c'est que dans une interview accordée au journal Libération, Joseph Stiglitz rappelle quelques vérités. La première, c'est que si le pétrole est aussi cher aujourd'hui, c'est en raison de la guerre en Irak. Pour le prix Nobel d'économie, la guerre est mauvaise pour l'économie parce que l'argent investi dans ce conflit n'est pas utilisé pour soutenir l'activité des Etats-Unis. Or les Etats-Unis restent aujourd'hui la locomotive mondiale de l'économie.

Et puis lorsqu'on lui pose la question de savoir s'il est d'accord avec les grands patrons de banque qui disent aujourd'hui que le plus gros de la crise financière est derrière nous, Joseph Stiglitz ne les croit pas. Car ces patrons de banques ont peur de voir leur profession être davantage réglementée. Ils tentent donc de faire croire à des scénarios optimistes. De même, les banques centrales, tout en se montrant prudentes, font tout pour éviter de déprimer davantage les gens. Or pour lui, c'est clair, la crise aura des séquelles, et notamment aux Etats-Unis. La plus évidente, c'est que le prix de l'immobilier aux USA devrait encore reculer de 30 à 50%.

Pour les uns, ce sera un signe supplémentaire de la démesure ou de la folie de la société américaine. Pour d'autres, plus cyniques, ce sera perçu comme un signal d'achat d'autant plus tentant que la force de l'euro rend l'immobilier américain très attractif.

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