Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

28/02/13 à 10:47 - Mise à jour à 10:47

Jean qui rit et Jean qui pleure

C'est à nouveau l'histoire de Jean qui rit et Jean qui pleure.

Jean qui rit, c'est le citoyen, ou du moins celui qui voudrait s'embarquer dans l'achat d'un bien immobilier. Les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi bas historiquement, et s'il peut le faire à taux fixe, c'est sans doute une aubaine. En revanche, pour le secteur bancaire et le secteur des assurances, cette période de taux d'intérêt très bas est mal vécue pour ne pas dire plus. Certains banquiers ou économistes, réunis dans le cadre du Belgian Finance Club, n'ont pas hésité à dire que les taux d'intérêt bas sont une belle catastrophe pour les banques.

C'est en partie vrai et en partie faux. En partie faux, ne serait-ce que parce les banques se rattrapent avec de belles marges sur certains crédits, comme le crédit de caisse pour ne citer qu'un exemple, et alors que leurs déposants sont très faiblement rémunérés.

En revanche, les assureurs ont un vrai problème. Les réglementations légales les forcent à réinvestir massivement leurs primes dans des obligations d'Etat jugées sures, alors que ces mêmes obligations donnent royalement du 2% ou du 2,5%. Or, ces mêmes assureurs ont encore dans leur portefeuille des contrats dans lesquels, ils se sont engagés à payer du 4,75% et donc, le danger selon les assureurs, c'est que ce ne soit plus tenable à terme. Pour l'heure, c'est vrai que les banques et les compagnies d'assurance sont mises sous pression, et comme elles ne peuvent pas augmenter leurs revenus, elles sont obligées de pousser leurs frais généraux à la baisse. D'où les plans sociaux avec des départs à la retraite qui ne sont pas compensés par de nouveaux recrutements.

L'autre victime de cette période d'intérêt bas, c'est visiblement l'actionnaire qui a décidé d'acheter ou de conserver des actions de ce secteur. Toujours d'après ces spécialistes, la valeur boursière des banques est aujourd'hui en dessous de leur valeur comptable. C'est un phénomène rare dans notre histoire. Il semble donc clair que les banques vont donner priorité à leurs déposants et le rendement pour les actionnaires sera sans doute revu à la baisse. Autrement dit, les actionnaires des banques seront les victimes collatérales des taux d'intérêt bas. Autant le savoir pour la bonne gestion de votre patrimoine.

Nos partenaires