Italie/crise: L'Eglise critique "l'irresponsabilité" et "la crise morale"

10/12/12 à 14:37 - Mise à jour à 14:37

Source: Trends-Tendances

(Belga) L'Eglise est "abasourdie" par l'irresponsabilité de certains hommes politiques italiens qui "pensent à s'installer alors que la maison brûle encore", a dénoncé lundi le chef des évêques italiens, dans une critique indirecte à Silvio Berlusconi.

Italie/crise: L'Eglise critique "l'irresponsabilité" et "la crise morale"

Depuis un an, "le gouvernement technique a mis à l'abri (le pays) de capitulations humiliantes et hautement risquées", a déclaré le cardinal Angelo Bagnasco, président de la Conférence épiscopale italienne, prenant implicitement la défense du bilan du gouvernement de techniciens de Mario Monti dans une interview au quotidien Corriere della Sera. "On ne peut réduire à néant les sacrifices d'un an, qui sont souvent retombés sur les couches les plus fragiles" de la population, a ajouté le prélat, en référence au programme de rigueur du gouvernement Monti, qui a imposé de lourds sacrifices notamment en matière fiscale aux classes moyennes, en vue d'assainir le pays. "Ce qui nous laisse abasourdi est l'irresponsabilité de ceux qui pensent déjà à s'installer alors que la maison brûle encore", a ajouté le chef de l'Eglise italienne, faisant allusion au centre-droit qui prône la fin de l'austérité. "Cela confirme l'enracinement d'une crise qui n'est pas seulement économique mais culturelle et morale", a-t-il observé. Pour la sixième fois, le Cavaliere a décidé de se présenter comme tête de file du centre-droit pour les élections de 2013, critiquant durement le gouvernement Monti, pour avoir, selon lui, étouffé la croissance en imposant des taxes et en rognant les avantages sociaux. Les partenaires européens de l'Italie et les marchés s'inquiètent au contraire d'un retour à la case départ, à l'attentisme et à la démagogie qui régnaient avant l'arrivée de M. Monti. Après avoir soutenu le centre-droit de Berlusconi, l'Eglise et le Vatican avaient pris leurs distances en 2011. M. Monti, catholique pratiquant, très bien en cour au Saint-Siège, a été largement appuyé par l'Eglise italienne. (PVO)

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