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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/09/10 à 11:49 - Mise à jour à 11:49

iPhone, Android, etc. : ce que cache la guerre des applications

En ce moment, derrière les publicités pour les smartphones, ces fameux téléphones intelligents qui permettent de téléphoner mais surtout d'avoir accès à l'Internet, c'est une véritable guerre des applications qui se déroule.

En ce moment, derrière les publicités pour les smartphones, ces fameux téléphones intelligents qui permettent de téléphoner mais surtout d'avoir accès à l'Internet, c'est une véritable guerre des applications qui se déroule.

Il s'agit d'abord d'une guerre des chiffres. Apple, par exemple, s'est vanté d'offrir plus de 250.000 applications aux détenteurs d'un iPhone et d'avoir atteint 6,5 milliards de téléchargements sur son App Store, son magasin virtuel. La même semaine, Google a déclaré qu'Android Market, son magasin en ligne qui tourne avec son système d'exploitation Android, dépasse les 80.000 applications. Bien entendu, le fabricant des BlackBerry ne s'est pas privé de communiquer ses propres chiffres.

En réalité, le seul qui est agacé par cette ribambelle de chiffres, c'est Nokia, dont la direction a rappelé qu'il ne faut pas juste lancer des chiffres en pâture aux journalistes mais qu'il faut voir si toutes ces applications sont vraiment pertinentes... Derrière ces chiffres impressionnants, on ne précise jamais si les déclinaisons par langues sont déduites ou pas. Dans d'autres cas, on appelle "applications" de simples sonneries voire de simples touches d'appel rapide. Cette bagarre de chiffres cache sans doute un peu de "gonflette" et, donc, la volonté d'attirer le chaland en lui disant : "Venez chez moi, vous aurez plus d'applications que chez le voisin."

Outre cette guerre des chiffres, on décèle également une angoisse, celle des opérateurs télécoms du style Belgacom, France Télécom et Deutsche Telekom. Ces opérateurs craignent de se voir grugés. Un seul exemple. Les utilisateurs d'un iPhone visitent rarement le portail de l'opérateur télécom. Plus encore, ils paient les applications directement à Apple via la plateforme en ligne iTunes, qui court-circuite tous ces opérateurs ! Ceux-ci ont donc l'impression désagréable de servir de tuyaux et que ceux qui gagnent de l'argent avec leurs propres clients, ce sont les Apple, Amazon et autres Google.

C'est pourquoi les opérateurs télécoms essaient de s'accorder pour lancer un logiciel mobile commun afin de ne plus dépendre d'Apple et de Google.

J'ai cependant l'impression que cela n'ira pas si vite, car les opérateurs télécoms sont nationaux et doivent s'entendre, ce qui n'est pas simple, alors que leurs concurrents sur ce terrain sont mondiaux, même s'ils sont d'origine américaine. Aujourd'hui, chaque Européen qui surfe via un PC fixe ou son téléphone mobile enrichit donc des firmes américaines.

En clair, une partie de l'épargne européenne est siphonnée vers les Etats-Unis via des marques comme Apple et Google !

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