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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/01/10 à 15:22 - Mise à jour à 15:22

InBev va devoir casser le mythe patriotique de la Budweiser

Plus qu'un bataille boursière, c'est une bataille sur les valeurs américaines dans laquelle InBev s'est engagé avec Anheuser-Busch. La Budweiser est un véritable symbole en Amérique.

InBev va devoir casser le mythe patriotique de la Budweiser

Le groupe belgo-brésilien InBev, aujourd'hui deuxième brasseur mondial de bière, souhaite racheter le brasseur américain Anheuser-Busch. L'une des raisons avancées pour ce rachat, c'est que le brasseur américain a une participation dans le capital d'un brasseur chinois. En achetant la firme américaine, Inbev en profite donc pour mettre un pied sur le marché chinois.

Si l'offre d'Inbev n'est pas du goût de la direction américaine, la décision finale reviendra quand même aux actionnaires du brasseur américain. Et pour obtenir leur agrément, Inbev vient avec un argument de poids: quelque 46 milliards de dollars.

Or, la firme Anheuser-Busch est plus qu'une institution aux Etats-Unis: c'est carrément une part de l'identité de l'Amérique. D'abord, parce que cette firme a été fondée il y a cinq générations par la famille Busch. Et ensuite parce que c'est cette firme qui détient la fameuse bière Budweiser, une marque tellement connue aux Etats-Unis qu'on peut dire qu'elle est à la bière ce que le cow-boy est à la cigarette.

Pourtant, comme le faisait remarquer le journal Le Temps, les actionnaires du brasseur américain ne devraient pas trop faire la fine bouche face à l'offre de rachat d'Inbev. Primo, parce que la Budweiser est de plus en plus délaissée par les jeunes en faveur des bières artisanales ou d'importation. Secundo, parce que le groupe américain a toutes les peines du monde à s'internationaliser.

Mais malgré ces difficultés, le rachat du brasseur américain ne sera pas une promenade de santé. D'abord, parce qu'il y a les réticences de la famille Busch qui détient encore 4% de la firme. Et puis, parce que l'offre d'InBev risque de soulever une importante réaction aux accents patriotiques. Les défenseurs de la bière américaine ont déjà commencé à réunir des dizaines de milliers de signatures. Les signataires de la pétition mettent en avant les dons qu'offre la firme aux organisations de charité américaines ou bien le soutien qu'elle apporte "à nos militaires ou à leurs familles" dans le conflit irakien.

La bataille boursière ne fait donc que commencer. Après quoi, nous verrons si la Stella Artois aura raison sur la Budweiser américaine.

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