Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/08/10 à 09:04 - Mise à jour à 09:04

Immobilier : pourquoi les chiffres se contredisent-ils ?

Ce n'est pas la première fois, en Belgique, que des chiffres relatifs à l'immobilier se contredisent selon la source consultée.

Les chiffres de l'immobilier en Belgique se suivent mais ne se ressemblent pas. Voici quelques semaines, le baromètre immobilier des notaires faisait état d'une envolée du prix moyen d'une habitation de l'ordre de 24 % au deuxième trimestre par rapport au premier trimestre de 2010. Et voilà que les chiffres du SPF Economie indiquent une hausse de seulement 0,66 % !

Les notaires expliquent cette différence par le fait que leur baromètre se base sur les prix enregistrés au moment de la signature du compromis, alors que le ministère de l'Economie travaille avec les chiffres des actes notariés enregistrés. Il y aurait un décalage de quatre à six mois entre les prix du ministère de l'Economie et ceux des notaires.

Pour ma part, je reste sur ma faim avec ce genre d'explication. Ce n'est pas la première fois, en Belgique, que des chiffres relatifs à l'immobilier se contredisent selon la source consultée. La seule certitude que l'on peut tirer de ces études, c'est que l'immobilier belge a bien résisté à la crise, à la différence de pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Irlande et surtout l'Espagne. A cela, il existe deux explications.

En Belgique, les droits d'enregistrement sont élevés et la déduction des intérêts hypothécaires est limitée. Résultat : l'achat d'une habitation se fait davantage dans une perspective de long terme que de spéculation. C'est pourquoi le marché immobilier belge, s'il semble immunisé contre les fortes crises, est également immunisé contre les grandes envolées de prix.

Il semble néanmoins y avoir unanimité pour affirmer que les prix vont - modestement - reprendre l'ascenseur. En raison de la faiblesse des taux hypothécaires, mais aussi des conditions d'octroi de crédits plus favorables de la part des banques, et d'une plus grande demande de la part des Belges qui voient, dans l'immobilier, une valeur refuge, un investissement sûr. Bref, les acheteurs sont de retour mais ils ne sont pas prêts à payer n'importe quel prix. C'est plutôt une bonne nouvelle.

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