Nouvelles primes "énergie" le 1er mai en Wallonie

30/04/10 à 15:41 - Mise à jour à 15:41

Source: Trends-Tendances

Les nouvelles primes "énergie" de la Région wallonne sont d'application au 1er mai. La priorité des priorités, c'est l'isolation des habitations, bonne pour l'environnement, le portefeuille et l'emploi. Des primes en hausse de 25 % à 150 % selon Jean-Marc Nollet, ministre (Ecolo) du Logement.

Nouvelles primes "énergie" le 1er mai en Wallonie

© Belga

"Si nous sommes submergés ? Oui !, répond Luc Delhez, patron d'une société spécialisée dans l'isolation du bâtiment à Bilstain (province de Liège). Mais ce n'est pas pour les raisons que vous pensez : la demande est très, très forte parce qu'en réalité, les primes wallonnes à l'isolation, quoi qu'en dise le ministre, diminuent à partir du 1er mai, et les clients ont voulu faire les travaux avant cette date. En isolation de toiture par exemple, c'est vrai que la prime de base passe de 8 à 10 euros/m², mais la surface est limitée à 100 m², alors qu'une maison normale compte de 150 à 200 m² de toiture. Pareil pour l'isolation des murs et des sols... Vous comprenez bien que cela ne m'a pas fait sourire."

Le pire, selon ce professionnel, c'est la prime à l'isolation du creux du mur (entre le bloc et la brique par exemple), qui passe de 25 à 10 euros/m², avec de surcroît un maximum de 120 m². Le seul cas positif pour lui, c'est l'isolation des murs par l'extérieur, qui passe de 25 à 30 euros/m².

Il faut toutefois relativiser, puisque les nouvelles primes à l'isolation sont déclinées en fonction des revenus des ménages. La prime de base pour la toiture passe ainsi de 10 à 12 euros pour les habitants à revenus modestes (moins de 30.000 euros pour un couple) et à 14 euros pour les ménages à revenus précaires (moins de 16.400 euros pour un couple). Soit 75 % des ménages wallons. Les autres primes évoluent dans les mêmes proportions. Une surprime de 3 euros/m² est en outre accordée en cas d'utilisation d'un matériau isolant naturel : fibre de bois, chanvre, lin, laine ou encore cellulose.

Cette dernière disposition a fait bondir le Groupement des producteurs belges de matériaux de construction (PMC), qui rassemble entre autres la fédération de la laine minérale (Rockwool, Isover, etc.) et Federplast (mousses plastiques). "Cette opposition entre produits naturels et les autres donne une fausse image du secteur, déplore Christine Beunen, secrétaire générale du PMC. Nous avons essayé, dès le départ, d'infléchir cette position, mais on nous a répondu que, de toute façon, l'isolant naturel restait plus cher, même avec la surprime de 3 euros/m², et que cela ne changerait donc rien au marché. Cela ne change peut-être rien au marché, mais cela donne un faux message. Ce qui est important, c'est d'isoler le mieux possible les logements, pour économiser l'énergie et réduire les émissions de CO2. Quant aux matériaux, il faut aussi tenir compte du cycle de vie du produit, de l'énergie nécessaire à sa fabrication ou à son transport, ainsi que des aspects socioéconomiques. Les matériaux naturels doivent être importés, il n'y a pas de fabricant en Belgique. Et si la laine de roche est moins chère, elle est accessible pour un plus grand nombre. Les nouvelles primes énergie de la Région wallonne, qui tiennent compte des revenus des ménages, vont, en cela, dans le bon sens."

"Les gens ne sont pas très au courant, ils se fient souvent uniquement à l'épaisseur de la couche, sans tenir compte de la densité et des propriétés de l'isolant, précise Luc Delhez. Le matériau naturel n'est pas forcément beaucoup plus cher. Nous travaillons beaucoup avec la cellulose, qui est obtenue grâce au recyclage de vieux papiers, qui donne d'excellents résultats, qui est étanche à l'air parce que les flocons pénètrent dans les moindres fissures, et, dans certains cas de sous-traitance pour des chantiers groupés par exemple, notre prix est de 12 à 13 euros/m². Un fabricant autrichien, Isocell, voyant l'augmentation de la demande, a installé une unité de production en Wallonie, à Schoppen, près des trois frontières." Le début d'une nouvelle filière économique ?

Michel Delwiche

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