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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/02/15 à 09:58 - Mise à jour à 18/02/15 à 10:53

Notre secteur immobilier plus sain que dans d'autres pays

L'immobilier, que faut-il en penser ? La question revient souvent, notamment lorsque votre interlocuteur est désespéré du rendement apporté par son livret d'épargne et qu'il n'a pas trop envie de s'aventurer dans le domaine des actions. Mais autant la question est simple, autant la réponse est nuancée.

Notre secteur immobilier plus sain que dans d'autres pays

© iStockphoto

Dans ce domaine, il y a la version des professionnels, et puis celle des économistes. Prenons les économistes, la plupart du temps, ils sont négatifs sur l'immobilier en Belgique. C'est encore le cas avec la dernière étude de la société Standard & Poor's qui avance que les prix vont chuter en 2015 de 3,5% et en 2016 de 2,5%.

A la base de ce pessimisme, Standard & Poor's épingle le fait que la diminution de l'avantage fiscal du bonus logement, surtout en Flandre, va agir comme un boulet et aura pour conséquence directe une baisse des prix. D'autres spécialistes comme Jean-Marie Caucheteux de la banque Degroof vont encore plus loin dans le pessimisme. Il déclaré à la presse :

" l'immobilier a baissé dans de nombreux pays, la Belgique ne peut être épargnée. Il n'y a pas de raison que les prix continuent d'augmenter alors que l'activité est au ralenti, que les avantages fiscaux sont moins intéressants et que les banques sont moins enclines à prêter" Cet économiste ajoute "qu'il ne faut pas lui parler de l'épargne, car selon lui, les jeunes ménages, qui sont les candidats acheteurs, ne sont pas ceux qui en disposent le plus".

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Notre secteur immobilier plus sain que dans d'autres pays

Voilà donc au moins deux opinions tranchées et qui vont à l'encontre de ce que pensent les spécialistes du secteur, que ce soient des notaires ou des gérants de réseaux d'agences immobilières. Certains d'entre eux ont même été interviewés par mes confrères du Soir Immo, dans le cadre d'une table ronde. Disons, que dans l'ensemble, ils restaient plutôt confiants dans la brique belge. Comme toujours, je me retrouve - comme une bonne partie de la population - partagé entre les dires d'économistes, dont jusqu'ici les prévisions les plus alarmistes ne se sont pas vérifiées, et de l'autre côté, des prévisions optimistes mais qui sont souvent le fait de professionnels du secteur immobilier qui n'ont pas intérêt à noircir le tableau.

Au fond, la seule chose dont on peut être certain, c'est que notre secteur immobilier, même s'il connait une éventuelle période de recul, reste plus sain que dans d'autres pays. D'abord, parce que l'endettement des ménages est modéré et que notre niveau d'épargne est très élevé, l'un des plus hauts en Europe. Ensuite, parce que notre immobilier n'a pas été dopé par des incitants fiscaux démesurés comme aux Pays-Bas, car dans ce pays le recul des prix de l'immobilier a été brutal de l'ordre de 15%. Enfin, le maintien des taux d'intérêt bas pendant une longue période attire aussi les investisseurs qui cherchent à diversifier leur patrimoine, cela peut jouer en faveur de la brique, tout n'est donc pas perdu !

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