Les secondes résidences à la mer coûteront (un peu) plus cher

12/04/13 à 10:39 - Mise à jour à 10:39

Source: Trends-Tendances

Quatre communes de la côte ont haussé l'impôt sur les secondes résidences. Une mesure forcément décriée par les agents immobiliers.

Les secondes résidences à la mer coûteront (un peu) plus cher

© Caroline Lallemand

Un petit vent de panique souffle sur le littoral belge. Enfin, surtout sur les façades des nombreux agents immobiliers qui y sont actifs. En cause ? La décision de quatre des 10 communes de la côte d'augmenter la taxe sur les secondes résidences. C'est la ville d'Ostende qui frappe le plus fort, l'impôt communal touchant les non-résidents passant à 1.000 euros annuels, contre 650 l'année passée. Un bond de 53,85 %. Dans le même train, se sont assises Blankenberge (située entre 407 et 601 euros, la taxe tournera désormais entre 595 et 695 euros), Coxyde (le "plancher" passe de 520 à 720 euros tandis que le "plafond" de 695 euros grimpe à 895), et enfin Knokke-Heist, qui abandonne sa tarification progressive (entre 500 et 650 euros) pour un tarif unique : 700 euros par an. De quoi tirer la moyenne pratiquée par les communes du littoral vers le haut : payant entre 543 et 630 euros en moyenne, les propriétaires d'une seconde résidence devront débourser pour 2013 entre 637 et 699 euros. Et encore : la rumeur veut que La Panne et Nieuport emboîtent le pas d'ici 2014.

Mauvais pour le tourisme ?

Un débat qui concerne 85.000 propriétaires, estime-t-on à l'Institut professionnel des agents immobiliers. Ce ne sont pas que des promoteurs ou autres géants financiers : 62 % d'entre eux seraient des familles "moyennes". Bien sûr, tout le monde ne s'indigne pas. Voilà une manière de renflouer les caisses communales, soumises à rude épreuve d'Ostende à Arlon. Sans hérisser ses électeurs, glissent les mauvaises langues. Il y aurait cependant une certaine "justice" : ces habitants des beaux jours profitent des services et infrastructures mises à disposition par la commune, sans les financer de leurs deniers.

Quelques centaines d'euros en plus par an, cela pèsera-t-il vraiment, au vu du prix (plutôt costaud) du mètre carré, du précompte immobilier ou des charges qui sont la joie des grands immeubles ? Les agents immobiliers de la région en sont convaincus. La CIB (Confédération des immobiliers de Belgique), section Flandre, a sondé le moral de 220 d'entre eux ; 82 % sont persuadés qu'à terme, de nombreux propriétaires (20 % ou plus) revendront leur(s) bien(s). Cela n'ira pas mieux du côté des acquéreurs, craignent les professionnels, puisque ces derniers sont 91 % à songer qu'une hausse de la fiscalité freinera nombre de candidats propriétaires. Le prix des locations s'en ressentira aussi, prédisent les agents. Dont le mouron ne porte pas que sur les briques : ils sont 98,5 % à être persuadés que l'économie et le tourisme en pâtiront -- 60 % de manière limitée, faut-il préciser. Du côté des communes, pas d'affolement : on estime que les départs bagages en mains devraient être marginaux.

BENOÎT MATHIEU

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