Immobilier : la Ville de Libramont roulée par Belgacom ?

07/06/10 à 11:33 - Mise à jour à 11:33

Source: Trends-Tendances

La Ville de Libramont accuse Belgacom de lui avoir vendu un terrain tellement pollué qu'on ne peut bâtir dessus. Problème : la Ville voulait revendre ce terrain à un promoteur qui promettait de construire une supérette surmontée d'appartements. L'opérateur historique a réfuté ces accusations via une défense en trois points.

Immobilier : la Ville de Libramont roulée par Belgacom ?

© Belga

Belgacom a vendu à la Ville de Libramont un terrain tellement pollué qu'on ne peut bâtir dessus, a rapporté vendredi l'édition luxembourgeoise de Vers L'Avenir. La Ville voulait revendre ce terrain à un promoteur qui promettait de construire une supérette surmontée d'appartements.

Au moment d'envisager le terrassement du terrain, il s'est avéré que le sol était pollué par de la créosote, une substance qui provient de la distillation de la houille. La créosote était notamment utilisée par les chemins de fer pour imprégner des traverses. Le bâtiment de Belgacom ayant été construit dans les années 1950 sur un terrain qu'avait exploité la SNCB avant la guerre, la pollution ne date certainement pas d'hier.

Or, assainir le site en excavant coûterait trop cher. "Nous avons été grugés dans cette affaire !", regrette le bourgmestre (MR) Pierre Arnould. Selon la Ville, le promoteur pourrait construire son magasin pour autant qu'on ne terrasse pas. Des pieux seraient plantés dans le sol et une membrane d'étanchéité serait installée.

"Il n'y a pas de problème sanitaire mais le promoteur s'est renseigné chez un notaire qui lui a indiqué qu'avec la pollution, la future construction perdrait de la valeur", précise le bourgmestre. Le promoteur n'envisage donc plus de construire des appartements au-dessus du magasin.

Le bourgmestre est en négociations avec Belgacom pour que la Ville ne perde pas trop dans l'opération. "Si Belgacom ne veut rien entendre, il sera encore temps d'aller en justice !", prévient le bourgmestre.

Bâtiment Belgacom à Libramont : l'opérateur réfute les accusations

Dans un communiqué, Belgacom a décliné sa défense en trois points. Primo, l'opérateur historique estime que le bien a été vendu dans l'état dans lequel il avait été reçu à l'époque de la SNCB. "Nous avons nous-mêmes constaté cette pollution historique récemment lorsque nous avons dû dépolluer en surface l'intérieur de la cour du bien étant resté notre propriété. Avant cela et particulièrement au moment de la vente, nous ignorions tout d'une pollution éventuelle du bien vendu à la commune."

Secundo, Belgacom estime qu'en l'absence de législation applicable en matière de pollution de sol en Wallonie, "ConnectImmo (Ndlr, le promoteur qui a vendu le terrain) n'avait aucune obligation légale de procéder à une étude du sol préalablement à la vente ; les clauses indiquées dans l'acte et énumérées ci-dessus doivent donc suffire à établir la bonne foi de ConnectImmo et le manque de recours possible de la commune de Libramont par rapport au statut du sol et du sous-sol".

Tertio, la pollution ne peut être reprochée à Connectimmo vu "que ce sont les anciennes activités de la SNCB qui sont visées".

Trends.be, avec Belga

Nos partenaires