Exil fiscal: les agences immobilières de luxe françaises débordent de biens à vendre

07/02/13 à 12:05 - Mise à jour à 12:05

Source: Trends-Tendances

Le départ de riches propriétaires comme Gérard Depardieu ou Richard Virenque provoque un afflux de biens sur le marché de l'immobilier de luxe. Problème, les étrangers sont moins sensibles au charme de l'Hexagone.

Exil fiscal: les agences immobilières de luxe françaises débordent de biens à vendre

© Reuters

La pénurie de logement n'existe apparemment pas dans l'immobilier de luxe en France. L'exode de riches propriétaires comme Gérard Depardieu ou l'ex-cycliste Richard Virenque provoquerait en effet un afflux de biens au moment où les étrangers montrent moins d'enthousiasme vis à vis des charmes de l'Hexagone.

"Nous avons actuellement en stock pour 5 milliards d'euros de biens à vendre contre seulement 3,2 milliards d'euros il y a un an", explique Charles-Marie Jottras, le président du groupe Féau, leader français de l'immobilier de prestige depuis plusieurs décennies. Une constatation partagée par Thibault de Saint-Vincent, directeur général du groupe Barnes, autre spécialiste du haut de gamme, qui a dans son catalogue "trois fois plus de biens de plus de 2 millions d'euros qu'en janvier dernier (2012, NDLR)".

"Le départ de plusieurs centaines de familles est un mouvement de fond qui touche désormais même les propriétaires d'appartements de moins de 2 millions d'euros", confie de son côté Laurent Demeure, PDG de Coldwell Banker France, qui constate un redémarrage "très fort" du marché depuis janvier. Des prix en baisse mais pas d'effondrement. Cet afflux, qui va entraîner une baisse des prix du haut de gamme mais "pas un effondrement" selon M. Jottras, entraîne un déséquilibre du marché car la clientèle ouest-européenne, notamment les Italiens et Espagnols, a quasiment disparu. "Du coup, ceux qui partent acceptent de baisser les prix affichés au départ.

"La France a l'image d'un enfer fiscal"

Certains, qui n'arrivent pas à vendre, font même poser des scellés sur les portes de leurs logements pour ne plus être considérés par le fisc comme des résidents français", explique le président de Daniel Féau. Pour les spécialistes du secteur la raison principale de cet exil, qui touche même de jeunes créateurs de start-up, s'explique par la mesure fiscale phare du gouvernement qui prévoyait une taxe à 75% des revenus au-dessus d'un million d'euros par an, finalement censurée par le Conseil constitutionnel.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a indiqué mercredi que le taux, l'assiette et les nouvelles modalités de la contribution exceptionnelle sur les plus hauts revenus étaient encore en discussion et seraient déterminés d'ici à "quelques semaines".

Côté acheteurs étrangers, "la France a l'image d'un enfer fiscal" pour M. Jottras.M. de Saint-Vincent cite même l'exemple d'un milliardaire russe qui avait acheté 75 millions d'euros, pour en faire sa résidence principale, une propriété de 3.500 m2 à Neuilly-sur-Seine, une commune très huppée à l'ouest de Paris. Ce dernier vient, après seulement 8 mois, de décider de la mettre en vente pensant sans doute qu'il n'avait "pas choisi le bon paradis fiscal".

D'après le directeur de Barnes, quand même des acheteurs étrangers: des milliardaires russes, pour des pied-à-terre, des Brésiliens, des Libanais. Et pour les biens d'exception des Qataris et des Moyens-Orientaux, effrayés par les conséquences éventuelles des "printemps arabes". Ce sont eux qui devraient se porter acquéreurs de l'hôtel particulier de Gérard Depardieu, rue du Cherche-Midi (VIe arrondissement), mis à prix il a quelques mois à 72 millions d'euros, et une des anciennes demeures d'Edith Piaf, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), proposés par Daniel Féau.

L'Expansion.com avec AFP

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