Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

15/11/12 à 09:52 - Mise à jour à 09:52

Il faut rayer d'un trait de plume la dette grecque

Même si la Grèce a déserté les premières pages de l'actualité, ce pays n'est toujours pas sorti d'affaire. Le pays a beau avoir été mis sous tutelle de l'Europe et du FMI, rien à faire, la Grèce s'enfonce encore plus dans la récession.

En 2009, la dette publique représentait 130% du PIB, trois ans après, le traitement préconisé par le docteur Europe a aggravé l'état du patient grec, puisque sa dette publique est passée de 175% du PIB . Que faut-il penser d'un médecin qui aggrave l'état de son patient ? C'est la question que vont devoir bientôt se poser les contribuables belges et européens !

Les discussions sont à nouveau au point mort entre les créanciers de la Grèce et le gouvernement de ce pays. Elles portent sur une nouvelle tranche d'aide de 31 milliards d'euros. Une aide soumise à nouveau à des efforts budgétaires. Or la population est à bout de nerfs, car les mesures prises n'ont abouti qu'à faire reculer leur PIB. Alors que faire, entre des Grecs qui sont au bord de la révolution sociale et de l'autre des créanciers qui ont compris qu'ils ne reverront sans doute jamais la couleur de leur argent !

L'équation est difficile, mais une chose est certaine aujourd'hui : avant c'étaient les banques européennes qui détenaient la dette grecque - aujourd'hui, cette même dette est détenue à 70% par la banque centrale européenne et par les Etats d'Europe - et donc, par les contribuables ! Tôt ou tard, les dirigeants européens vont donc devoir annoncer à leur population que la Grèce ne remboursera jamais les 200 milliards d'euros qu'elle doit à ses voisins.

Officiellement, personne ne veut encore l'avouer, mais les spécialistes le savent : tôt ou tard, il faudra rayer d'un trait de plume la dette grecque. Plus on tarde et plus l'ardoise sera lourde. Mais aucun dirigeant en Europe n'a envie de donner ce genre d'explication à ses contribuables. En attendant cette explication orageuse, qui finira par arriver, on gagne du temps. Comme on le fait déjà depuis 3 ans avec le résultat que l'on connait - hélas.

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