Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

10/10/13 à 10:40 - Mise à jour à 10:40

Histoires d'argent facilement gagné et facilement perdu!

Pour vous parler d'économie ce jeudi, j'ai été attiré par deux nouvelles originales et qui chacune d'elle parle d'argent - celui qu'on gagne facilement, et celui qu'on perd tout aussi facilement.

La première nouvelle est incroyable, c'est le récit en quelque sorte d'un milliardaire qui a perdu en très peu de temps presque 99% de sa fortune. Si le coeur vous en dit, vous pouvez retrouver cette histoire dans le magazine Business Week. Eike Batista est Brésilien, il est surtout connu pour être celui qui voulait devenir l'homme le plus riche du monde. Non seulement, il n'y arrivera pas mais en plus, il risque de rester dans l'histoire comme l'homme qui a fait fondre en moins d'un an un empire évalué à près de 35 milliards de dollars.

Pourtant, au départ, tout souriait à Eike Batista, c'est un véritable surdoué de la finance. Pour vous donner une idée de son talent, il a réussi à avoir son premier million alors qu'il n'avait que 24 ans grâce au trading de l'or. Un premier succès qui en a suscité d'autres. A la fin, Eike Batista s'est lancé dans les matières premières, la finance et puis la banque, et au final, ce Brésilien flamboyant avait fini par devenir la première fortune du Brésil avec un matelas de presque 35 milliards de dollars. Mais ça, c'est la première partie du conte de fée, et c'était en 2012, autant dire, il y a un siècle.

Car ce qui monte finit toujours par retomber, et donc suite à de mauvaises décisions d'investissement, cet homme qui n'était entouré que de courtisans, ne peut aujourd'hui compter sur personne pour l'aider à sauver son empire. Pas même le gouvernement brésilien qui n'ose pas intervenir pour sauver les sociétés d'un milliardaire alors que des émeutes de la faim éclatent régulièrement dans le pays. Donc, 99% de sa fortune va sans doute disparaître d'ici peu, et il ne lui restera que quelques centaines de millions de dollars par rapport au 35 milliards de départ ! C'est une nouvelle version du carrosse transformé en citrouille mais cette fois c'est au pays des émergents que cela se passe.

La deuxième histoire d'argent est plus courte mais tout aussi étonnante. Elle se résume à une question bizarre : Priver un banquier de son bonus est-il une entrave aux droits de l'homme ? Oui, vous avez bien entendu ! Et cette question fait actuellement débat en Grande-Bretagne selon le Financial Times.

En effet, un rapport parlementaire recommande d'interdire de donner des bonus à des banquiers employés dans un établissement qui a été aidé par l'État. Normal jusque-là, l'argent des contribuables n'est pas là pour engraisser des traders... oui, sauf que l'autorité qui contrôle les banques britanniques a demandé un délai... pour voir si cette recommandation d'interdire les bonus était bien conforme avec les textes européens des droits de l'homme.

Je me demande pourquoi cette autorité de contrôle ne s'est pas posé la même question pour les millions de personnes qui ont perdu leur emploi à cause de la cupidité de quelques-uns ?

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