Willow Garage veut créer l'industrie du robot personnel

22/06/10 à 11:52 - Mise à jour à 11:52

Source: Trends-Tendances

La démocratisation de la robotique est en marche et Willow Garage entend bien jouer les premiers rôles dans cette révolution. Comment ? Grâce à ses robots Open Source. Les explications du fondateur de la start-up, Scott Hassan.

Willow Garage veut créer l'industrie du robot personnel

Scott Hassan, fondateur de Willow Garage, veut révolutionner le monde de la robotique personnelle "comme Apple et IBM l'ont fait pour l'informatique personnelle". C'est dire si l'homme a des ambitions. Mais il en a peut-être aussi les moyens.

Cet ancien camarade de classe des fondateurs de Google, à l'origine des premières lignes de code du moteur de recherche, est en effet milliardaire. Or, après deux ans de travail, sa jeune société, forte de 50 personnes et située à Menlo Park, en plein coeur de la Silicon Valley, vient de lancer PR2, ou Personal Robot 2.

Bâti sur une plateforme Open Source, ce robot à taille humaine est le représentant d'une première génération de systèmes robotiques. A près de 400.000 dollars par machine, les amateurs sont toutefois encore rares. Alors, pour amorcer la pompe, la start-up a décidé d'offrir 11 de ces robots à des universités (Stanford, Berkeley, MIT, Louvain, Fribourg, Munich, Tokyo...) et au laboratoire de recherche de Bosch.

Les explications de Scott Hassan, président de Willow Garage.

Pourquoi vous êtes-vous lancé dans la robotique après avoir fait fortune dans l'Internet ?

La robotique est un marché de niche. Notre but est de sortir les robots des usines pour les inviter à la maison et dans les lieux publics. Une révolution robotique qui nous rendra plus productif, à l'instar de la révolution industrielle ou automobile. Le marché est donc potentiellement énorme, encore faut-il quelqu'un pour le créer. C'est là l'ambition de Willow Garage.

En quoi votre vision est-elle différente d'iRobot, le leader actuel de la robotique grand public ?

Je pense que le rêve est le même mais que la stratégie pour y arriver est aux antipodes. Nous misons sur l'Open Source et sur l'ouverture de notre système afin qu'un maximum de gens puissent développer de nouvelles applications pour nos robots généralistes, mais aussi leurs propres robots basés sur notre plateforme. Nous voulons travailler avec tout le monde afin de créer cette industrie du futur alors qu'iRobot développe des robots spécialisés avec une approche propriétaire. Si vous essayez de créer un meilleur Roomba (un robot aspirateur) par exemple, iRobot n'hésitera pas à vous attaquer en justice. Pas nous. Mais notre logiciel robotique libre ROS (Robot Operating System) fonctionne aussi sur le Roomba.

Quel est votre modèle économique ?

C'est un projet à long terme. Et si nous faisons les choses comme il le faut, nous pouvons continuer indéfiniment. Nous allons d'abord commercialiser cette année Texai (Ndlr, pour une dizaine de milliers de dollars). Ce robot pour la vidéoconférence reprend beaucoup des modules que nous avons déjà créés pour PR2. Une activité qui représentera à elle seule environ 100 millions de dollars d'ici à deux ans. Progressivement, nous allons continuer à développer de nouveaux robots, plus simples mais toujours basés sur notre plateforme généraliste (PR2, PR3, etc.) que nous mettrons à jour périodiquement. A partir de là, n'importe qui pourra créer des applications, des mains, des pieds, etc.

Une démarche similaire aux débuts d'Apple. A cette époque, ils ont dû tout créer pour leur ordinateur personnel Apple II : le clavier, l'écran, le logiciel, la carte graphique, etc. Puis, au fil des années, tous ces composants sont devenus d'énormes marchés à eux seuls. Eh bien, nous en sommes au même point en robotique personnelle. Et quelques miettes de ce gâteau gigantesque nous suffiront amplement !

Propos recueillis par Jean-Baptiste Su, L'Expansion.com

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