OpenERP : coup de pouce de 3 millions pour le "Bill Gates belge"

17/02/10 à 09:46 - Mise à jour à 09:46

Source: Trends-Tendances

En juillet, Trends-Tendances avait publié un article en couverture dévoilant une entreprise, OpenERP, basée dans le Brabant wallon et qui faisait des ravages dans les logiciels de gestion ouverts. Elle attire à présent des investisseurs français et belge.

OpenERP : coup de pouce de 3 millions pour le "Bill Gates belge"

Un peu par provocation, nous avions titré, en couverture l'été dernier, Le Bill Gate belge. Car Fabien Pinckaers, fondateur et patron d'OpenERP, a développé une entreprise qui se distingue dans le monde des logiciels de gestion. Il propose une famille de programmes gratuits, qui se développe grâce à la dynamique du logiciel ouvert (ou libre). Les utilisateurs téléchargent le programme sans payer un euro, tout en s'engageant à rendre publiques les nouvelles applications.

Si les programmes plaisent, la méthode peut mener à la création rapide d'un énorme catalogue. C'est le cas pour OpenERP, qui a séduit la Poste française, Nouvelles Frontières et nombre d'entreprises aux quatre coins du monde. Restait à transformer l'essai pour améliorer le financement de l'entreprise.

Cette phase est en cours. OpenERP vient de signer un apport de capital de 3 millions d'euros qui lui permet de recruter du monde et d'ouvrir un bureau dans la Silicon Valley, pour stimuler le marché américain. Les investisseurs ? Sofinnova, n° 1 français du capital-risque, et deux particuliers, Xavier Niel et Olivier Rosenfeld.

Le premier est le fondateur d'Iliad/Free : cet opérateur télécom français s'est distingué en commercialisant une offre combinée Internet/téléphonie/télévision pour 30 euros par mois - qui concurrence rudement France Télécom - et a obtenu récemment la quatrième licence GSM outre-Quiévrain. Le second est belge, a occupé la fonction de directeur financier d'Iliad/Free et y est toujours administrateur.

Devenir le Gmail de la gestion

Jusqu'à présent, Fabien Pinckaers avait refusé les avances des fonds de capital-risque. "Je n'étais pas encore assez mature", nous avait-il expliqué en juillet. Il est à présent prêt. L'apport de fonds servira à changer les ressources de l'entreprise : "Nous pourrons nous concentrer sur le métier d'éditeur !" Pour l'heure, l'entreprise vit en effet de formations et de projets d'intégration. Cette dernière activité alimentaire sera arrêtée. Elle permettait de dégager un chiffre d'affaires de 1 million d'euros pour 2009 et d'occuper environ 70 personnes, dont 50 en Inde.

La principale nouvelle source de revenu est un service de logiciels en ligne (www.openerp.com). Les utilisateurs disposent de tout le catalogue des applications, en service à distance, sur l'Internet, un peu comme Gmail et Hotmail pour le courriel. C'est le principe du buffet : toutes les applications sont disponibles pour un prix forfaitaire de 35 euros par mois et par utilisateur. Le catalogue inclut notamment la comptabilité, la gestion de projet, l'e-commerce.

Dans le business plan, l'entreprise vise 43 millions d'euros de ventes en 2013, dont la moitié en services en ligne. Le marché approché est l'indépendant et la petite entreprise, d'un à 50 utilisateurs. Le projet initial prévoyait la gratuité pour les petits utilisateurs, mais cette idée a été abandonnée : "Cela posait un problème pour les marges", reconnaît l'entrepreneur.

Trends-Tendances a joué un petit rôle dans ces apports de capital. L'article de couverture avait eu des suites. RTL est venu faire un reportage, l'agence Bloomberg a publié un article qui donné une visibilité internationale inespérée à une entreprise plutôt discrète. "J'ai pris connaissance de cette entreprise avec l'agence Bloomberg, confirme Olivier Rosenfeld, qui a investi de concert avec Xavier Niel. Nous avons vu un entrepreneur, Fabien Pinckaers, très discipliné dans son approche du financement. Il cherche à combler un manque dans le marché de la PME, où il est difficile de s'équiper à un coût raisonnable.".

Le passage ne sera pas simple, cependant : "Il y a beaucoup de défis, l'exécution est difficile, prévient l'investisseur. Mais le marché est très, très intéressant."

Robert van Apeldoorn

En savoir plus sur:

Nos partenaires