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Télécoms: cinq CEO concurrents unis pour défendre leur secteur

12/01/15 à 15:52 - Mise à jour à 16:15

Les patrons de Proximus, Telenet, Mobistar, Voo et Base étaient exceptionnellement réunis ce matin pour rappeler l'importance économique et stratégique du secteur télécoms.

Télécoms: cinq CEO concurrents unis pour défendre leur secteur

© istock

Ce n'est pas tous les jours que les cinq plus gros acteurs des télécoms belges sont rassemblés en un même lieu. Encore moins pour livrer des messages convergents. Dominique Leroy (Proximus), Stéphane Moreau (Voo), John Porter (Telenet), Jos Donvil (Base) et Jean-Marc Harion (Mobistar) sont pourtant parvenus à s'entendre sur un certain nombre de sujets, ce matin à Bruxelles, dans le cadre d'une conférence de presse organisée par Arthur D.Little.

Le consultant y présentait une étude sur le paysage télécom belge, commandée par les cinq opérateurs. Ses conclusions sont limpides : le secteur des télécoms est un poids lourd de l'économie belge. Il faut donc le choyer.

Les opérateurs en ont profité pour rappeler leur contribution à l'économie belge, pour marteler certaines revendications et pour critiquer certaines décisions des pouvoirs publics.

Jos Donvil, CEO de Base, n'encaisse toujours pas la taxe wallonne sur les antennes GMS, qui coûtera plusieurs dizaines de millions d'euros au secteur. Base va même suspendre ses investissements dans le sud du pays à cause de cette taxe. " Le ministre Paul Furlan estime que nous pouvons supporter cette taxe parce que nous réalisons des bénéfices plantureux. Mais c'est faux, lâche Jos Donvil. Les rapports financiers des opérateurs sont analysés de façon erronée. Nous avons un EBITDA assez haut, mais nous investissons aussi énormément. " C'est ce que démontre l'étude d'Arthur D. Little : les opérateurs investissent chaque année un peu plus. En 2013, ils ont investi 1,8 milliard d'euros, soit 24 % de leur chiffre d'affaires.

Jean-Marc Harion, CEO de Mobistar, rappelle la contribution des opérateurs aux finances publiques. " En 20 ans, les opérateurs ont versé 20 milliards d'euros d'impôts, indique Jean-Marc Harion. Les opérateurs contribuent beaucoup et continuent d'investir, malgré un contexte économique qui se dégrade. " Au contraire des fabricants de téléphone, des équipementiers et des géants de l'Internet, les opérateurs restent des acteurs locaux des télécoms, qui investissent localement, créent des emplois et payent leurs taxes en Belgique.

Stéphane Moreau (Voo) insiste sur l'équilibre à trouver entre défense du consommateur et défense de l'activité économique locale. " On parle beaucoup du triple play à 30 euros. Mais il faut savoir qu'une telle baisse des prix impliquerait la délocalisation de l'informatique en Inde, des call-centers en Afrique du Nord, etc. Il faut préserver les opérateurs belges, sinon cela aura un impact sur l'emploi dans le pays ", avance Stéphane Moreau. Les cinq opérateurs emploient plus de 28.000 équivalents temps-plein en Belgique.

John Porter, CEO de Telenet, souligne la vigueur des investissements des opérateurs dans l'économie belge, qui a permis de mettre sur pied des réseaux de télécommunications particulièrement performants. " En Australie, à peine 9 % de la population a accès à une ligne Internet offrant une vitesse supérieure à 10 Mbps ", pointe l'Australien John Porter. En Belgique, quasiment l'ensemble de la population a accès à une vitesse de 30 Mbps pour l'Internet fixe.

Dominique Leroy, CEO de Proximus, assure que les opérateurs peuvent contribuer au regain économique de la Belgique et de l'Europe. " Notre secteur peut offrir de la croissance en Europe. Nous avons un grand rôle à jouer dans le développement de l'industrie digitale ", assure Dominique Leroy. La forte augmentation de la consommation des services télécoms devrait aider les opérateurs à accompagner ce développement de l'industrie numérique. Leur challenge sera d'en tirer suffisamment de revenus pour poursuivre leurs investissements dans les réseaux du futur.

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