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Qui seront les prochaines victimes de "l'uberisation" ?

13/08/15 à 12:11 - Mise à jour à 14:58

On parle sans cesse du trublion de l'univers des taxis qui bouleverse les codes établis et dynamite toute une industrie. Mais les plateformes du genre Uber se multiplient... dans tous les secteurs. Après les taxis, qui seront les prochaines victimes de ces barbares du numérique ?

Qui seront les prochaines victimes de "l'uberisation" ?

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"Nous vivons une période où les industries traditionnelles doivent se demander : est-ce que l'on veut tenter de combattre une tendance qui ne s'arrêtera pas... ou bien passe-t-on de l'autre côté ?". Ce tweet a été posté le 26 juin par Aaron Levie, un jeune entrepreneur américain à la tête de la start-up Box, un spécialiste du cloud qui gêne des géants comme Microsoft et Oracle. Il fait référence à ce moment charnière dans lequel nous nous trouvons et où, de plus en plus de secteurs se rendent compte qu'ils ne sont plus à l'abri d'une attaque numérique. Personne n'aurait imaginé, voici 10 ans, que les taxis subiraient une concurrence venue de l'Internet... Pourtant, la vague Uber les fouette de toutes ses forces. Et les spécialistes sont très clairs : potentiellement, aucun secteur n'y échappera.

Les exemples de plateformes "à la Uber" commencent à se décliner à de multiples services : gardiennage de chiens (Pawshake ou Dog Vacay), restauration (PlateCulture), location de matériel en tout genre (voiture, vélo, ski,...), place de parking,... Souvent encore anecdotiques, ces exemples ne doivent néanmoins pas cacher une tendance de fond. "Toutes les industries doivent se tenir prêtes, alerte Maxime Coupez de l'agence Fabernovel. Le numérique permet l'optimisation de tout ce qui existe déjà et a besoin d'être optimisé, tant du point de vue du client que du point de vue opérationnel.

Changer l'expérience client

Une astuce pour identifier les industries les plus menacées ? Il suffit d'observer le secteur et surtout l'expérience des clients." Si elle n'est pas bonnes, certains travaillent sûrement à donner un coup de souris dans la fourmilière. Maxime Coupez épingle avant tout les assurances. "Le plus souvent, l'expérience du consommateur n'est pas bonne : elles sont opaques, c'est le parcours du combattant pour obtenir son indemnisation et, au final, les compagnies donnent de l'argent mais... ne résolvent pas le problème. Le modèle actuel n'est plus satisfaisant par rapport aux exigences du consommateur."

En ligne de mire également, les banques qui ont pour beaucoup perdu la confiance de leurs clients et qui font déjà l'objet de coups de griffes sur le paiement (Paypal, Apple Pay), le financement (crowdfunding) et même l'épargne (le Chinois Alibaba propose des services d'épargne). Mais les secteurs de l'énergie, dans lequel Google est entré avec le rachat de Nest pour plus de 3 milliards de dollars, la livraison, et tous les services à domiciles seront tôt ou tard fortement affectés. Même les avocats et notaires doivent se tenir prêts. En France, ils voient arriver leur Uber à eux. Son nom ? Testamento, un site Internet qui permet de créer et d'éditer son testament. Un document en ligne qui devient juridiquement fiable et qui coûte plus de 30% moins cher qu'en passant par un notaire !

Lire aussi la chronique d'Amid Faljaoui: Jacques Attali et l'inéluctable tsunami de l'uberisation

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