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Phasya : Les lunettes belges pour lutter contre la somnolence

28/05/15 à 10:29 - Mise à jour à 14:22

Source: Trends-Tendances

La spin-off liégeoise Phasya a créé une paire de lunettes qui analyse des paramètres oculaires pour mesurer l'état de fatigue d'une personne. Une technologie qui pourrait révolutionner le secteur automobile.

Phasya : Les lunettes belges pour lutter contre la somnolence

Phasya a créé une paire de lunettes qui analyse l'état de fatigue d'une personne. © Phasya

L'objet semble futuriste : une caméra haute fréquence incrustée dans des branches de lunettes. Capturant des images oculaires de celui qui les porte, le système transmet ces clichés à un logiciel capable de les analyser. Le but ? Décrypter le niveau de fatigue du sujet, pour éviter l'endormissement. Développées par la start-up belge, Phasya, ces lunettes dernière génération fonctionnent sur la base d'algorithmes calculant la position des paupières.

Véritable innovation, le procédé gagne en visibilité. En témoigne la récente nomination de Jérôme Wertz (CEO de la société) à l'" Innovator under 35 ", récompensant les jeunes innovateurs belges. Ou encore la participation de Phasya au Tie 50 awards, célèbre concours entrepreneurial américain.

Une technologie déclinable

Née en décembre 2014, Phasya commercialise son produit depuis mars dernier. Ses clients privilégiés sont les laboratoires spécialisés dans la recherche liée au sommeil, qui utilisent les lunettes pour surveiller les niveaux de somnolence et de vigilance de leurs sujets cobayes.

Mais la start-up souhaite étendre son procédé à d'autres secteurs. " Si nos lunettes constituent un produit complet, notre force réside surtout dans notre logiciel, qui peut être intégré partout ", confie Jérôme Wertz, CEO et co-fondateur de Phasya.

Premier marché ciblé ? Les constructeurs automobiles. Selon différentes études, 20% à 30% des accidents de la route seraient dû à un manque de sommeil. Un chiffre élevé, que la technologie Phasya pourrait faire baisser. " Il serait facile d'incorporer une caméra dans l'habitacle d'une voiture pour capturer des images oculaires du pilote, et installer le logiciel dans l'ordinateur de bord. En cas d'assoupissement, on pourrait imaginer un système d'alarme (tactile ou sonore), qui réveillerait le pilote et éviterait l'accident ", explique Jérôme Wertz. Si la start-up prospecte et discute avec plusieurs marques automobiles, aucun contrat n'a été signé pour l'instant.

Autres secteurs concernés ? Le transport industriel et touristique (conducteur de train, de tram,...), la sécurité (agent devant ses moniteurs), l'aéronautique (opérateur dans sa tour de contrôle) ou l'énergie. " Bref, chaque fois qu'il est nécessaire de rester éveiller pour des raisons de sécurité", souligne Jérôme Wertz.

Belge de A à Z

Créée à l'Université de Liège en tant que projet académique, la technologie " Phasya " provient de longues recherches, effectuées en collaboration avec des spécialistes belges du secteur (psychologues cognitifs, neurologues,...). Ses concepteurs, autrefois étudiants, sont aujourd'hui des hommes d'affaires en devenir. " Nous voulions rapidement nous lancer dans l'aventure, confie Jérôme Wertz. Quitter le monde académique pour le monde de l'entreprise était important à nos yeux. Pour comprendre un marché et les besoins d'un client, il est plus crédible de discuter en tant qu'entrepreneur qu'en tant que chercheur. "

Composée de quatre membres, la spin-off a levé 115.000 euros. Ces capitaux (entièrement belges) proviennent des fondateurs eux-mêmes, de l'Ulg, et de l'incubateur d'entreprises Spinventure.

La société veut grandir vite et bien. Pour la fin 2015, la spin-off souhaite réaliser une augmentation de capital de plusieurs centaines de milliers d'euros. " En parallèle, il est capital de continuer à muscler notre technologie, pointe le jeune patron. La somnolence, ce ne sont pas que des paramètres oculaires. C'est aussi un rythme cardiaque, des expressions faciales... Tous ces comportements, nous pouvons les intégrer dans nos algorithmes pour perfectionner notre technologie. "

Augustin Lippens (Stg.)

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