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Comment Pierre Rion veut donner des ailes aux start-up

23/02/16 à 18:00 - Mise à jour à 24/02/16 à 10:10

Il n'aura fallu que quelques mois pour que le fonds wallon dédié aux start-up voie le jour. W.IN.G. est désormais sur les rails et vient de financer Listminut et Neveo, deux start-up jugées prometteuses. Avant une série d'autres grâce aux 50 millions que ce nouveau fonds leur réserve sur cinq ans.

Comment Pierre Rion veut donner des ailes aux start-up

Pierre Rion © Belga

Pierre Rion, à qui Jean-Claude Marcourt a confié le renouveau numérique de la Wallonie, n'aura pas tardé à mettre en place son nouveau véhicule financier. W.IN.G. - c'est son nom - a été officialisé mardi et a déjà annoncé son soutien à deux jeunes pousses wallonnes; Listminut (100.000 euros) et Neveo (250.000 euros) que nous avions, d'ailleurs, toutes deux épinglées dans notre dossier sur les 50 start-up où investir.

Ce nouveau fonds qui, si on en croit son nom, devrait donner des ailes à des projets innovants disposera d'une cinquantaine de millions d'euros sur cinq ans à investir dans des projets wallons numériques et novateurs. Il sera piloté par les équipes de la SRIW et se concentrera sur des jeunes pousses en early stage (démarrage) à la recherche de fonds. Cela signifie que W.IN.G. octroiera des tickets entre 50.000 et 250.000 euros sous forme de prêts convertibles, en marge d'autres investisseurs (privés ou invests) . Grande particularité pour un fonds public, le comité d'investissement sera essentiellement composé de personnalités issues du monde privé. Comme nous l'évoquions déjà en janvier sur Trends.be, Pierre Rion fait appel à Denis Steisel (président d'Emakina), Christophe Demain (chief investment officer chez Belfius Insurance) Alain Marsily (CEO Netmino et fondateur de l'enseigne informatique Excell), Marc Melviez (Luciad) ou Jean-Pol Boone (entrepreneur issu du monde digital). Le président de W.IN.G. sera Olivier Vanderijst (président du comité de direction de la SRIW). "Même si l'on ne peut pas exactement parler d'investisseurs professionnels, le profil de ce comité d'investissement est intéressant car ce sont des entrepreneurs qui connaissent les situations de levées de fonds et les besoins des jeunes entreprises", glisse un spécialiste du secteur des start-up.

W.IN.G semble par ailleurs adopter les codes des start-up. L'agilité notamment, car les choses doivent aller vite. Le processus se veut hyper rapide: une start-up entre son dossieronline, est éventuellement invitée à pitcher devant le comité d'investissement et, dans un délai de deux jours, la start-up est informée de la réponse et des conditions du financement. Et doit recevoir très rapidement les fonds. "Nous ne sommes pas des requins, insiste Pierre Rion. Nous sommes là pour aider les start-up et nous nous interdisons de demander des dossiers lourds et des documents à n'en plus finir."

Et pour faciliter la vie des start-up, le "chavalier blanc des start-up wallonnes" a aussi noué des partenariats avec de gros acteurs corporate qui viendront offrir aux start-up financées de l'accompagnement ou des services gratuits (services financiers, coaching business ou encore services informatiques). Parmi eux: BNP Paribas Fortis, BDO, Deloitte ou Proximus. Par ailleurs, il semble qu'un accord soit en négociation avec Belfius pour que la banque devienne co-investisseur exclusif, à hauteur de 10 millions d'euros. Not so bad...

Bref, le nouveau fonds est sur les rails et, sur papier, la dynamique semble excellente car les porteurs wallons de projets restent en manque de moyens de financement au démarrage de leur start-up. Reste à voir comment tout cela se concrétisera dans les faits et quelles seront les premières success stories qui se verront pousser des... wings!

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