NGP : Sony répond à Nintendo et Apple... mais surtout à Google ?

31/01/11 à 11:39 - Mise à jour à 11:39

Source: Trends-Tendances

Sony vient de dévoiler sa console portable de nouvelle génération, la NGP, qui vise clairement les vrais gamers. Mais sa réponse à la concurrence de Nintendo et d'Apple s'articule peut-être encore plus autour des smartphones et de l'Android de Google.

NGP : Sony répond à Nintendo et Apple... mais surtout à Google ?

© Bloomberg

Dépassé par Nintendo, bousculé par Microsoft et même Apple, Sony croit encore en ses chances de dominer le marché du jeu vidéo. Pour convaincre, le constructeur japonais a dévoilé les premiers éléments de sa stratégie, avec l'annonce hier à Tokyo de la PSP2, sa console de jeux vidéo portables de deuxième génération aux caractéristiques techniques impressionnantes. Sony n'hésite d'ailleurs pas à la comparer à sa console de salon PS3.

Au coeur de la PSP2, dont le nom de code est "NGP" (pour Next Generation Portable), se trouve un processeur ARM quadri-coeur et une puce graphique à haute performance conçue par le britannique Imagination Technologies (qui fournit aussi l'iPhone 4). A titre de comparaison, la plus rapide des tablettes actuelle est équipée d'une puce double-coeur.

L'écran tactile de 5 pouces (0,7 pouce de plus que le modèle précédent) utilise la technologie OLED (plus brillante), un capteur tactile (trackpad) au dos de l'appareil, une paire de vraies manettes analogiques et deux caméras (à l'avant et à l'arrière) pour la visioconférence. La PSP2 reprend également les nombreux capteurs de mouvements de la nouvelle manette PlayStation Move. Et offre désormais une option pour se connecter en 3G, en plus des traditionnels accès réseau en Wi-Fi et Bluetooth.

"Sony est à ce jour le seul constructeur à commercialiser une console portable pour les vrais gamers, contrairement à Nintendo qui vise les joueurs occasionnels avec sa Wii et sa DS, apprécie Ben Bajarin, analyste chez Creative Strategies. Une avance qui s'accroît avec la PSP2 car Sony corrige nombre d'erreurs en ajoutant notamment, enfin, de vrais joysticks sur la console."

Bien que la console surprenne heureusement par son haut niveau d'équipement, l'absence de 3D déçoit nombre de fans. "La haute fréquence d'un écran OLED est capable d'afficher des images en 3D avec une paire de lunettes actives : rien n'empêche donc Sony de proposer de la 3D dans le futur, comme il l'a fait avec la PS3", ajoute l'analyste.

Si la commercialisation de la PSP2 est prévue avant la fin de l'année, il reste encore à préciser la date et, surtout, à fixer son prix. Un élément-clé dans la bataille qui l'oppose à Nintendo, dont la DS tourne autour de 250 dollars. "Tous les précédents modèles de la PSP coûtaient aux alentours de 299 dollars au lancement, je pense que Sony continuera cette tradition pour la PSP2", estime Ben Bajarin.

La marge de manoeuvre de Sony est d'autant plus étroite que la concurrence pour capter l'argent des consommateurs s'annonce coriace cette année, avec les sorties prévues de l'iPhone 5, de l'iPad 2 et d'une possible version grand écran de la Nintendo 3DS (XL).

PS Suite : étendre les jeux PlayStation au monde Android

La stratégie de reconquête de Sony dans les jeux vidéo ne se limite pas à sa nouvelle console portable. Avec son programme PS Suite destiné aux éditeurs de jeux, le géant japonais joue la carte de l'ouverture et confirme que les jeux de ses anciennes consoles, à commencer par la PSOne, seront disponibles pour les futurs smartphones et tablettes Android (version 2.3 et ultérieures). C'est notamment le cas du prochain Xperia Play (ou PlayStation Phone) de Sony Ericsson.

En revanche, ces jeux seront vendus uniquement au travers de la boutique PlayStation Store et non via l'Android Market de Google. "Cette décision permet à Sony de revenir sur le marché des jeux occasionnels, dominé actuellement par Nintendo et Apple, et de profiter de l'explosion des appareils Android en 2011", ajoute Ben Bajarin.

L'Xperia Play sera présenté lors du salon Mobile World Congress, le 14 février prochain à Barcelone.

Jean-Baptiste Su (dans la Silicon Valley), L'Expansion.com

Nos partenaires