Le BlackBerry privé de ses fonctions vitales aux Emirats arabes unis

02/08/10 à 10:52 - Mise à jour à 10:52

Source: Trends-Tendances

Les Emirats arabes unis vont suspendre les services de messagerie instantanée, des mails et de recherche internet du BlackBerry. Le problème porte sur le traitement et le stockage hors du pays des données des utilisateurs, dont le nombre est estimé à 500.000.

Le BlackBerry privé de ses fonctions vitales aux Emirats arabes unis

© Reuters

Les Emirats arabes unis, centre d'affaires du Golfe, ont décidé dimanche 1er août de suspendre à partir du 11 octobre certains services du téléphone multimédia BlackBerry non conformes aux législations en vigueur dans le pays et qui soulèvent des problèmes de sécurité. Le nombre d'utilisateurs du téléphone multifonctions dans cette riche monarchie pétrolière du Golfe est estimé à environ 500.000 sur une population de quelque 6 millions.

La suspension restera en vigueur "tant qu'une solution conforme aux législations sur les télécommunications en vigueur dans le pays n'est pas trouvée", a indiqué l'Autorité de contrôle des télécommunications (TRA) dans un communiqué. Selon elle, la décision a été prise "après l'échec de plusieurs tentatives pour que les services du BlackBerry soient compatibles" avec les lois en vigueur dans le pays. "En raison de sa nature technique, certains services du BlackBerry, comme la messagerie instantanée, les mails ou l'accès internet, échappent aux réglementations locales", a souligné la TRA.

"Dans l'intérêt public, nous avons informé aujourd'hui les fournisseurs des services de télécommunications dans le pays, de notre décision de suspendre les services de messagerie instantanée, des mails et de recherche internet du BlackBerry", a indiqué le directeur général de la TRA, Mohammed al-Ghanem. Selon la TRA elle, ces services "permettent aux individus de commettre des violations sans risque de poursuites, ce qui pourrait aboutir à des implications dangereuses pour la sécurité nationale, judiciaire et sociale".

RSF dénonce une chasse aux sorcières Anticipant les problèmes de communications que pourrait engendrer l'arrêt de certains services, M. Ghanem a assuré que les opérateurs Etisalat et Du avaient reçu les consignes de fournir des alternatives. "La première de nos priorités est de proposer des alternatives qui garantiraient la continuité des services de la messagerie instantanée, des mails et de l'accès au web aux clients privés et aux professionnels", a-t-il dit.

Le géant des télécommunications des Emirats et l'une des plus importantes compagnie du secteur au Moyen-Orient, Etisalat, a souligné la nécessité de trouver des solutions pour les utilisateurs. "Etisalat continuera à fournir pour le moment à ses abonnés les services de téléphonie mobile", a-t-elle indiqué dans un communiqué en annonçant pour bientôt "une série de produits et services mobiles alternatifs" pour ses clients.

Le débat sur le contrôle des services BlackBerry aux Emirats s'est amplifié la semaine dernière, le coeur du problème portant sur le traitement et le stockage hors du pays des données des utilisateurs du BlackBerry du fabriquant canadien Research in Motion (Rim). Selon la TRA, les services du BlackBerry peuvent permettre à des personnes d'utiliser certaines de ses applications de manière "inappropriée".

La suspension de certains services du téléphone intelligent survient alors que les Emirats sont accusés par l'ONG Reporters sans Frontières de "harceler et d'arrêter les utilisateurs" de BlackBerry qui auraient tenté d'organiser une manifestation contre l'augmentation des prix du pétrole en juillet. "Nous appelons à mettre fin à cette chasse aux sorcières menée par le gouvernement contre les utilisateurs de la messagerie instantanée du BlackBerry qui ont invité d'autres citoyens à les rejoindre pour manifester", a dit RSF. L'un des organisateurs, Badr al-Dhohori, 18 ans, est détenu depuis le 15 juillet, selon elle.

La TRA contrôle l'accès à internet, filtrant certains documents censurés portant notamment sur la nudité, la pornographie ainsi que certains sites politiques.

Trends.be, avec L'Expansion.com

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