Facebook compte un milliard de membres, et alors ?

04/10/12 à 20:57 - Mise à jour à 20:57

Source: Trends-Tendances

Facebook a donc franchi le cap du milliard d'utilisateurs dans le monde. Un symbole plus qu'un gage de rentabilité, alors que Mark Zuckerberg cherche à monétiser davantage son réseau, par tous les moyens. Explications.

Facebook compte un milliard de membres, et alors ?

© Reuters

Le 12 septembre 2012, à 12h45, Facebook franchissait la barre symbolique du milliard d'utilisateurs. Si Mark Zuckerberg se plaît depuis toujours à communiquer sur le nombre de ses membres, la nouvelle n'en demeure pas moins impressionnante, au-delà même du symbole. Sans expliquer toutefois pourquoi il avait attendu si longtemps avant d'en faire l'annonce... Mais le nombre d'utilisateurs ne fait pas tout et ne suffira pas à rassurer les investisseurs. Explications.

Un milliard de membres actifs, vraiment ?

"Si vous lisez ce message : merci de me donner à moi et à ma petite équipe l'honneur de vous servir". C'est par ces mots que Mark Zuckerberg s'est adressé à sa communauté. Pour Facebook, il est évident que le symbole est grand. Il a doublé son nombre d'utilisateurs en un peu plus de deux ans. Reste que 9% des profils seraient en réalité... des faux. A savoir des comptes dupliqués, mal classifiés ou mêmes indésirables (utilisé pour envoyer des spams, notamment). Soit environ 87 millions de pseudo-utilisateurs aujourd'hui. Si la proportion peut paraître minime, il n'empêche qu'elle fait tache, dans une période où le réseau social s'efforce de valoriser au mieux son audience. Reste donc à savoir si Facebook compte déjà un milliard de "vrais" utilisateurs actifs. Même s'il ne fait pas de doute que le réseau social est loin d'avoir terminé de grandir...
De nombreux marchés conservent en effet d'un fort potentiel. A ce jour, les pays qui ont connu la plus forte croissance en nombre d'utilisateurs sont le Brésil, l'Inde, l'Indonésie, le Mexique et les Etats-Unis. L'Inde est un exemple parlant. Car en pourcentage de pénétration, moins de 5% de la population y est inscrite (source : socialbakers). Prometteur. Et dans d'autres pays, Facebook est soit dépassé par des réseaux locaux soit carrément absent. Ce n'est pas pour rien que Mark Zuckerberg est allé rencontrer Dimitri Medvedev cette semaine... Pour la Chine, il préfère mener une stratégie "de long terme". "Nous avons besoin de montrer que nous sommes capables de le faire en satisfaisant tout le monde, y compris nous", concède-t-il ce jeudi au site Businessweek.
Le continent africain n'est pas en reste. Avec son programme " Facebook for Every Phone ", il a bien l'intention de gagner quelques millions d'utilisateurs supplémentaires. Avec un vrai objectif de monétisation. Car le continent a développé de nombreux services de paiement en ligne, relève la BBC.

Le nombre d'utilisateurs ne garantit pas la rentabilité

Le potentiel est là, donc. Sauf qu'à lui seul, le cap du milliard d'utilisateurs ne suffira pas à garantir la rentabilité de son réseau. Pour preuve, la plongée du titre depuis l'introduction en bourse du 18 mai dernier. Le véritable défi de Facebook consiste à accroître sa rentabilité par utilisateurs. Il l'avouait d'ailleurs lui-même dans son document d'introduction en bourse. Le réseau social a donc usé de nouveaux moyens pour y parvenir. En revoyant dans un premier temps son système de vente d'espaces publicitaires aux annonceurs (AdExchange).
Et rien que cette semaine, il a multiplié les annonces. Service dédié aux entreprises, ventes de cadeaux jusqu'au lancement des statuts payants ce jeudi, aux Etats-Unis. Mais il a surtout les yeux rivés sur le mobile, et ses 600 millions d'utilisateurs actifs desquels il ne tirait encore récemment pas le moindre revenu. " Nous faisons de nombreux paris.[...] Il y a cet entonnoir qui je pense va jouer en notre faveur. De plus en plus de gens utilisent leur mobile. [...] Nous savons déjà que ceux qui utilisent Facebook sur mobile y passent plus de temps ".
Tout au plus, le cap du milliard d'utilisateurs démontre donc le potentiel sans égal de Facebook. "Une mine d'or", pour Eden Zoller, analyste chez Ovum, interrogée par la BBC. Qui pourrait vite devenir "un champs de mines". "Nous savons que Facebook, même s'il affirme le contraire, repousse constamment les limites de ce qui est considéré comme acceptable en ce qui concerne la confidentialité des données", explique-t-elle. La quête de la monétisation a un prix.

Ludwig Gallet, L'Expansion

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