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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/07/16 à 13:55 - Mise à jour à 28/07/16 à 09:47

'Devra-t-on un jour craindre des attentats à la voiture autonome piratée?'

L'horrible attentat de Nice, le 14 juillet dernier, nous rappelle qu'il faut souvent plusieurs jours pour se rendre compte de toutes les conséquences d'un événement de ce genre.

'Devra-t-on un jour craindre des attentats à la voiture autonome piratée?'

La voiture autonome selon Mercedes. © Reuters

Cet horrible massacre au camion a fait resurgir une peur auprès du secteur automobile, et en particulier aux États-Unis. Quid en effet si une voiture autonome était soudainement piratée et jetée sur la foule ? La question mérite d'être posée, car les voitures semi-autonomes sont déjà sur nos routes, et la plupart des grands constructeurs nous disent que les véritables voitures autonomes - c'est-à-dire sans chauffeur - existent déjà et seront commercialisées d'ici quelques années. Les plus optimistes parlent même de 2020, demain donc.

Or justement, c'est ici que naît la peur d'un piratage de ces voitures qui, par définition, sont des cibles privilégiées puisqu'elles utilisent des connexions sans fil nécessaires à leur fonctionnement ! Le ministre de la Justice américaine, et il n'est pas le seul, vient donc de déclarer qu'il craignait que ces voitures autonomes ne soient hackées par des organisations terroristes. L'inquiétude ressurgit de manière plus vive après les attentats de Nice, et c'est normal, mais elle n'est pas nouvelle.

Durant l'été 2015, deux chercheurs américains avaient réussi à pirater une voiture à distance - en l'occurrence, il s'agissait d'une Jeep Cherokee. Ils se sont amusés à contrôler à distance sa radio, ses essuies glaces, mais plus grave encore, ils ont également réussi à couper le moteur et saboter les freins... et tout cela à distance ! Bref, le règne de la voiture autonome ne sera pas simple à gérer.

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À l'inverse d'un nouveau smartphone, une voiture autonome doit être 100% fiable dès le premier jour

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On savait déjà qu'il faudrait bien résoudre le problème éthique des morts à choisir. En effet, comme ces voitures seront autonomes, en cas de danger inévitable, ces voitures seront programmées pour tuer leur passager si sa mort peut éviter celle de plusieurs piétons par exemple. Maintenant, on apprend en plus qu'un terroriste pourrait prendre le contrôle de ces voitures à distance. Les futurs clients ont là un cocktail d'éléments négatifs pour avoir vraiment peur. Et les constructeurs en sont d'ailleurs conscients.

À l'inverse d'un nouveau smartphone qui peut avoir un bug sans danger pour son propriétaire, ce n'est évidemment pas le cas pour une voiture autonome qui doit être 100% fiable dès le premier jour. C'est l'une des raisons pour laquelle certains constructeurs paient des pirates informatiques ayant pignon sur rue pour qu'ils tentent de pirater à distance leurs voitures et les alertent sur l'une ou l'autre faille. C'est un peu le monde à l'envers, mais qu'est-ce qui marche encore à l'endroit de nos jours ?

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