Derrière les ventes records d'Apple, les inquiétudes s'accumulent

24/01/13 à 11:22 - Mise à jour à 11:22

Source: Trends-Tendances

L'annonce des résultats d'Apple est faite de paradoxes. Cupertino n'avait jamais vendu autant d'iPhone et d'iPad en trois mois. Mais la stagnation des bénéfices et les prévisions décevantes ont ravivé les craintes des investisseurs. Explications.

Derrière les ventes records d'Apple, les inquiétudes s'accumulent

© REUTERS

La magie d'Apple n'opère plus. Le groupe a beau publier de nouveaux chiffres "record" et s'autocongratuler à coup de superlatifs "extraordinaires", "phénoménaux", "formidables", les analystes ne retiennent que les aspects qui fâchent. A savoir un bénéfice net sur le dernier trimestre de l'année 2012 qui reste stable sur un an à 13,1 milliards de dollars. Un montant propre à faire pâlir d'envie tous les groupes de la terre mais qui stagne. Un mot horrible pour les investisseurs. D'autant qu'Apple avait habitué le marché à des croissances "à deux chiffres".

Le chiffre d'affaires, pourtant, a continué lui à grimper de 18% à 54,5 milliards de dollars. Soit plus que les ventes annuelles de Google! Mais cette divergence entre évolution du profit et des revenus signifie mathématiquement que les marges d'Apple baissent. Encore une chose que la bourse n'aime pas.

Car le titre a reçu une véritable punition. Dans les échanges suivant la clôture de la bourse, l'action Apple plongeait de 10,38% à 460,64 dollars mercredi soir. Si la chute se confirme jeudi en séance physique, le titre sera retombé à son niveau d'il y a un an. En septembre, juste avant le lancement de l'iPhone 5, il caracolait encore à plus de 700 dollars, un sommet historique.

Des ventes records, mais quid de l'iPhone 5 ?

Et pourtant, Apple n'avait jamais vendu autant d'iPhone et d'iPad sur un trimestre. Cupertino n'a pas manquéla période de fêtes, écoulant 47,8 millions de son célèbre smartphone et 22,9 millions de tablettes. Ce qui représente tout de même des croissances de 29% et de 49% sur un an. A peine en deça des prévisions des analystes. CNN avait interrogé 57 analystes et recueilli leurs prévisions pour le quatrième trimestre. La moyenne s'élevait alors à 49,5 millions. Tim Cook s'est d'ailleurs appuyé sur ces ventes record pour balayer les interrogations sur la baisse de la rentabilité: ""Le plus important pour nous, c'est que les consommateurs aiment nos produits", a assuré Tim Cook".

Mais là subsiste un autre doute. Depuis quelques mois, des rumeurs en provenance des sous-traitants asiatiques ont laissé entendre qu'Apple avait fortement réduit ses demandes de composants pour l'iPhone 5. La presse s'était alors emballée en y voyant des ventes décevantes par rapport aux estimations. Tim Cook a largement remis en cause ces rumeurs. Conseillant de "s'interroger sur leur exactitude" et soulignant que même si elles étaient fondées, "il serait impossible d'interpréter ce que cela signifie vraiment pour notre activité", il se justifie par la complexité de la chaîne d'approvisionnement de la firme, qui dispose "de multiples sources pour nos composants", a-t-il insisté.

Reste qu'il a refusé de donner le nombre exact d'iPhone 5 écoulés. Il s'est contenté de ne communiquer qu'un seul chiffre, à savoir la croissance à trois chiffres des ventes de l'iPhone 5 en Chine. Tim Cook ne s'est sans doute pas trompé en affirmant que la Chine deviendrait le premier marché d'Apple. Le groupe affiche globalement dans ce pays un chiffre d'affaires en hausse de 67% sur un an."Il est peu probable que (ces prévisions) atténuent toutes les inquiétudes sur l'iPhone", ont souligné les experts de la banque Barclays.

Des prévisions décevantes

Pour couronner le tout, Apple a particulièrement déçu avec une révision à la baisse de ses prévisions pour le trimestre entamé début janvier, le deuxième de son exercice décalé. Cupertino dit tabler sur un chiffre d'affaires de seulement 41 à 43 milliards de dollars sur le trimestre, quand la prévision moyenne des analystes était jusqu'ici de 45,6 milliards.

Le directeur financier, Peter Oppenheimer, a également précisé que le groupe avait changé d'approche et ne donnait plus comme auparavant une prévision "prudente" mais "une fourchette à l'intérieur de laquelle nous comptons publier" les résultats. Terminées, donc, ces annonces fracassantes de ventes explosant toutes les prévisions ? Peut-être bien.

En savoir plus sur:

Nos partenaires