Dans dix ans, les voitures n'auront plus besoin de conducteur

26/06/13 à 17:10 - Mise à jour à 17:10

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C'est le pari de Volvo, qui a mis au point des voitures entièrement automatisées. Mais avant d'accueillir ces véhicules du futur sur nos routes, il faudra mettre à niveau l'infrastructure routière et adapter la réglementation européenne.

Dans dix ans, les voitures n'auront plus besoin de conducteur

© Volvo Car Group

" Les voitures sans conducteur existent, et elles sont sécurisées ", annonce d'emblée Toscan Bennett. Le vice-président Product Planning & Management de Volvo Cars est de passage à Bruxelles, au Parlement européen, pour présenter les ambitions de son groupe dans le domaine émergent des véhicules automatisés. Volvo s'est fixé pour objectif de réduire à zéro le nombre de tués dans une nouvelle voiture de la marque, d'ici 2020. " 1,2 millions de personnes se tuent chaque année dans un accident de voiture, pointe Toscan Bennett. Dans 90 % des cas, l'accident est dû à une erreur humaine. "

Afin de réduire à néant le risque de collision, les ingénieurs ont donc planché sur une solution de conduite permettant de se passer du conducteur, et d'éviter ses défaillances. Ce n'est plus de la science-fiction : grâce aux avancées technologiques, une voiture peut désormais être pilotée de manière complètement automatisée. Le conducteur peut ainsi se détendre, lire son journal, consulter ses emails, regarder un film, pendant que son véhicule le transporte à bon port.

Mais les voitures sans pilote semblables au célèbre KITT conduit par David Hasselhof dans la série culte K 2000, ne vont pas tout de suite envahir nos routes. Si la technologie est prête, comme l'affirme Volvo, ou comme l'a démontré Google en 2011 déjà, elle est encore loin d'être embarquée dans toutes les véhicules. Les fonctionnalités des " voitures connectées ", qui commencent à arriver sur le marché, se limitent pour l'instant à des fonctions telles que l'accès aux e-mails, à Internet, à des radios numériques, à des applications comme Google Maps, etc. Les véhicules automatisés devront être pourvus de logiciels leur permettant de " dialoguer " entre eux afin de connaître leurs positions, directions et vitesses respectives. Les routes elles-mêmes devront être équipées de capteurs qui guideront les voitures et leur fourniront les informations nécessaires sur les limitations de vitesse, sorties d'autoroute, etc.

Lobbying européen

Dans cette optique, la présence de Volvo au Parlement européen n'est pas un hasard. L'Europe a créé un groupe de travail au sujet de l'automatisation des transports, où se discutent notamment les futurs standards technologiques qui serviront de base au déploiement de ces équipements routiers. Ce déploiement est crucial pour les constructeurs comme Volvo, qui espèrent commercialiser leurs nouveaux véhicules dans les prochaines années.

Au-delà de l'aspect sécurité, Volvo a affûté son discours auprès des instances européennes. Les voitures automatisées permettraient de réduire les émissions de CO2 , grâce à une conduite optimisée. Elles auraient aussi un effet bénéfique sur les embouteillages, grâce à une meilleure gestion des flux. " Selon nos simulations, le temps de congestion peut être divisé par deux ", estime Toscan Bennett.

Interdiction de rouler sans pilote

Avant de pouvoir faire une sieste au volant sur la E40, il faudra néanmoins régler encore quelques détails supplémentaires. Le cadre réglementaire européen n'est pas au point. Alors que certains Etats américains ont levé cette interdiction, la plupart des Etats européens interdisent en effet purement et simplement les véhicules sans conducteur. Des questions pointues se posent aussi en matière de responsabilité. Que se passera-t-il en cas d'accrochage ? Qui est responsable : le conducteur ou le fabricant ? Comment l'assurance se positionnera-t-elle dans ce débat ?

Cela n'empêche pas le représentant de Volvo d'être optimiste : " D'ici dix ans, les voitures automatisées seront sur nos routes. "

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