Apple, roi de la high-tech... et de l'évitement fiscal

30/04/12 à 10:31 - Mise à jour à 10:31

Source: Trends-Tendances

Apple a adopté des stratégies de domiciliation fiscale dans des Etats à faible taux d'imposition. Stratégies qui lui ont permis d'éviter des milliards de dollars d'impôts, affirme le New York Times.

Apple, roi de la high-tech... et de l'évitement fiscal

© Reuters

La conclusion du New York Times est sans ambiguité : "Apple a créé des filiales dans des zones à faible taxation comme l'Irlande et les Pays-Bas, le Luxembourg et les îles Vierges britanniques, qui n'équivalent parfois guère plus qu'à une boîte aux lettres ou un bureau anonyme, et qui lui permettent de baisser les impôts qu'il paie partout dans le monde", écrit le NYT dans une longue enquête publiée sur son site Internet.

Outre ces filiales à l'étranger, Apple a mis en place une stratégie d'évitement à l'intérieur même des Etats-Unis. Le quotidien cite ainsi, s'appuyant sur les déclarations d'ex-responsables d'Apple anonymes, l'exemple d'une filiale du groupe destinée à investir ses dizaines de milliards de dollars de liquidités, et située dans le Nevada, où le taux d'imposition des sociétés est nul.

Le New York Times souligne par ailleurs qu'Apple n'hésite pas à jouer sur tous les tableaux, en profitant au maximum des allègements de charges mis en place par les Etats pour favoriser l'implantation ou le maintien de ses bureaux sur leur territoire. L'année dernière, les taxes ont représenté 3,2 % des bénéfices d'Apple à l'international. Aux Etats-Unis, sans ses stratégies d'optimisation fiscale, Apple aurait payé 2,4 milliards de dollars de plus en impôts, selon un ancien collaborateur du département américain du Trésor cité par le New York Times.

L'optimisation fiscale est plus facile pour les entreprises technologiques

"Il est beaucoup plus facile pour des entreprises qui touchent des royalties ou qui vendent des produits numériques, de localiser leurs bénéfices dans des pays à faible imposition que pour des épiciers ou des constructeurs automobiles", explique le quotidien. Le NYT ajoute que cela rend les stratégies d'évitement fiscal plus facile pour les entreprises technologiques : "Ces deux dernières années, les 71 entreprises technologiques appartenant à l'indice boursier Standard & Poor's, y compris Apple, Google, Yahoo! et Dell, ont publié des taux d'imposition à un taux environ un tiers inférieur aux autres entreprises du même indice."

"Presque toutes les grandes entreprises du monde essaient de minimiser leurs impôts, bien sûr. Pour Apple ces économies sont particulièrement importantes au vu de la taille de ses bénéfices", souligne le New York Times. Les analystes prévoient que le géant informatique pourrait générer 45,6 milliards de dollars de bénéfices lors de l'exercice en cours, ce "qui serait un record pour une entreprise américaine".

Apple, première capitalisation boursière mondiale, a publié mardi un bénéfice trimestriel doublé sur un an, à 11,62 milliards de dollars, et un chiffre d'affaires en hausse de 59 %, à 39,19 milliards de dollars.

Trends.be, avec L'Expansion.com

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