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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/03/16 à 14:12 - Mise à jour à 30/03/16 à 08:09

'Apple est-il encore vraiment Apple ?'

Cette question, pas mal d'experts se la posent aujourd'hui. Certains vont même plus loin et se demandent si le génial fondateur d'Apple, Steve Jobs, se reconnaîtrait encore dans la stratégie actuelle de la firme à la pomme...

'Apple est-il encore vraiment Apple ?'

Apple va renforcer ses mesures de sécurité. © Reuters

L'interrogation n'est pas nouvelle, mais elle s'est accélérée avec l'arrivée le 21 mars du dernier produit Apple, l'iPhone SE. Un iPhone qui a une double particularité: il est moins cher que les autres produits d'Apple - sous la barre des 500 euros - et il a un format plus petit que les iPhone classiques.

A priori, Apple, dont deux tiers du chiffre d'affaires dépendent de la vente des iPhone, sait ce qu'elle fait. Interrogée sur les raisons du lancement d'un iPhone plus petit et moins cher, deux caractéristiques qui vont à l'encontre de la stratégie d'Apple, la direction du groupe a réagi en disant que ce nouveau modèle est destiné aux pays en développement comme la Chine, pays où la grande majorité de ceux qui achètent pour la première fois un smartphone choisit le petit modèle !

Les États-Unis sont également visés avec ce nouvel iPhone, pour une autre raison: aux États-Unis, plus de 55% des propriétaires d'iPhone ont un modèle qui a déjà au moins deux ans et demi. En clair, le cycle de renouvellement s'est allongé et est passé de 23 à 27 mois en deux ans ! Ce nouveau produit d'Apple devrait donc permettre de s'assurer que les consommateurs disposant déjà d'un iPhone 5S ou 5C qui a 3 ans ne partiront pas vers un modèle Android. Voilà en gros la ligne de défense de la direction d'Apple et la vision partagée par certains analystes qui suivent l'action Apple comme le lait sur le feu !

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Apple n'est plus un produit de luxe. On n'est plus chez Gucci, mais chez Longchamp

Mais d'autres commentateurs sont plus dubitatifs, y compris l'ancien co-fondateur d'Apple, Steve Wozniak, qui trouve qu'Apple suit le marché au lieu de le créer comme elle l'a fait auparavant. Par le passé, on pouvait compter sur Apple pour amener sur le marché des produits totalement disruptifs. Aujourd'hui, ce sont des changements de taille ou des augmentations de gamme... Bref, certains se demandent si Apple ne chasse pas sur les terres de Samsung ?

D'autres comprennent qu'en lançant un nouvel iPhone sous la barre des 500 euros, il est clair qu'Apple va toucher une autre clientèle, celle qui n'accepte pas de payer 800 ou 900 euros pour un smartphone. Mais ce changement-là a un prix, écrit Jean-Marc Sylvestre sur le site d'Atlantico.fr: Apple n'est plus un produit de luxe, mais de demi-luxe. On n'est plus chez Gucci ou chez Vuitton, mais chez Lancel ou chez Longchamp. C'est bien Lancel ou Longchamp, mais ça n'est ni Chanel, ni Gucci, ni Vuitton. En clair, selon eux, le risque est le suivant: est-ce que les riches ou les flambeurs qui ont fait la fortune d'Apple vont rester fidèles à la marque alors que leurs produits phares se banalisent de cette façon ? La question est posée et le débat ne fait que commencer, y compris parmi les fans et mordus d'Apple qui m'expliqueront très vite par e-mail que je n'ai décidément rien compris. Mais ça, j'ai l'habitude...

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