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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

19/02/10 à 10:54 - Mise à jour à 10:54

Grèce : un sauvetage casse-tête

Goldman Sachs, la banque d'affaire américaine mondialement connue se serait bien passée de cette publicité. Mais voilà, après le Financial Times, c'est au tour du New York Times de dévoiler que la 1ère banque d'affaire au monde a encaissé entre 200 et 300 millions de dollars pour embellir les comptes nationaux de la Grèce.

Grèce : un sauvetage casse-tête

© Epa

En gros, grâce à certaines opérations financières sophistiquées, la banque Goldman Sachs a pu permettre à la Grèce d'anticiper certains flux de revenus dans le temps, mais tout en reportant à plus tard certains décaissements.

Dans le monde de la finance, on appelle cela de la finance créative, ce qui aurait permis à la Grèce de flatter ses comptes nationaux à l'insu des autorités de contrôle européennes et bien entendu aussi à l'insu des contribuables grecs. Tout cela est maintenant de notoriété publique et le gouvernement grec a reconnu que les informations dévoilées par le New York Times étaient justes, mais en même temps, a indiqué que d'autres pays de la zone euro faisaient un peu la même chose.

Les Grecs ont raison, l'Italie et même la Belgique ont eu recours à des techniques financières sophistiquées pour améliorer l'image de leurs finances publiques mais autant en Belgique, cela était connu des spécialistes, autant en Grèce, cela ressemblait un peu au secret défense. A titre d'exemple, la banque Goldman Sachs qui travaille depuis des années avec la Grèce et de manière profitable visiblement n'a même pas jugé bon d'ouvrir un bureau à Athènes !

Evidemment, toutes ces révélations tombent mal pour des pays comme la France ou l'Allemagne, je cite ces deux pays car ce sont eux qui sont à la pointe du combat pour empêcher la Grèce de sortir de la zone euro. Comment vont-ils expliquer à leurs compatriotes qu'il faut aider financièrement la Grèce, alors que celle-ci a en quelque sorte avoué que c'est grâce à de l'ingénierie financière qu'elle a pu entrer dans la zone euro et surtout y rester et comment va faire Berlin pour expliquer que les Grecs sont réticents à augmenter l'âge de la retraite à 63 ans, alors que les Allemands sont sollicités de passer à 67 ans ?

La réponse pour le moment est simple. La France et l'Allemagne savent que pour leurs citoyens la solidarité s'arrête aux frontières de leurs pays respectifs et qu'ils verront d'un très mauvais oeil une aide à la Grèce mais les dirigeants européens savent aussi que ne pas aider la Grèce, c'est encore pire que d'affronter la colère des électeurs ! Et donc la Grèce sera aidée, en étant montrée du doigt, mais elle sera aidée !

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