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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

31/03/10 à 14:15 - Mise à jour à 14:15

Grèce: retour de la confiance

Le psychodrame grec s'est en principe terminé hier. En effet, c'est ce jeudi que les dirigeants des 16 pays de la zone euro ont donné leur accord à la mise en oeuvre d'un mécanisme de prêts financiers à la Grèce, un accord qui inclut également une aide du FMI.

Le psychodrame grec s'est en principe terminé hier. En effet, c'est ce jeudi que les dirigeants des 16 pays de la zone euro ont donné leur accord à la mise en oeuvre d'un mécanisme de prêts financiers à la Grèce, un accord qui inclut également une aide du FMI.

Le gouvernement d'Athènes juge ce plan franco-allemand "totalement acceptable". Heureusement ! Et quant à Jean-Claude Trichet, le président de la banque centrale européenne, qui était absolument contre toute aide du FMI, il a dû mettre de l'eau dans son vin et a salué cet accord de dernière minute.

Voilà en gros ce qu'il faut retenir de ce sommet européen qui s'est déroulé ce jeudi à Bruxelles. Alors qui a gagné et perdu dans cette négociation ? Le grand gagnant, c'est d'abord la Grèce. Les Grecs en réalité ne demandent pas et n'ont jamais demandé d'aide financière directe, ils voulaient juste que les autres pays de la zone euro se déclarent prêt à aider leur pays en cas de vrai problème. Ce que voulaient les Grecs, c'est que grâce à une déclaration claire des autres pays de la zone euro , une déclaration qui dirait qu'ils ne laisseraient jamais tomber un autre pays, ils espèrent grâce à cette simple déclaration formelle que les spéculateurs cessent d'attaquer la Grèce.

Cette spéculation finie, les Grecs pourraient enfin payer un taux d'intérêt normal pour caser leur dette, et non pas donner comme c'est le cas aujourd'hui, donner 2 fois le taux d'intérêt que donne l'Allemagne pour caser sa propre dette. Avec l'accord de ce jeudi, les taux d'intérêt grecs devraient enfin se détendre.

Le perdant de cette affaire, c'est le président de la banque centrale européenne. Il refusait que le FMI puisse être sollicité pour aider un pays de la zone euro. Pour lui, c'était à la fois humiliant pour la zone euro qui se retrouve logée à la même enseigne qu'un pays du tiers monde, cela voulait dire que le FMI pourrait avoir un droit de regard sur la gestion de la zone euro. L'actionnaire principal du FMI étant les Etats-Unis, cela revenait à donner un droit de regard des EU sur la zone euro, doublement humiliant !

L'autre perdant de ce psychodrame grec, c'est la chancelière allemande Angela Merkel qui ne voulait pas aider la Grèce de peur de déplaire à ses compatriotes et de perdre les prochaines élections régionales qui auront lieu dans quelques semaines.

Angela Merkel a aussi dû mettre de l'eau dans son vin car dire NEIN à tout bout de champ n'aurait conduit qu'à mettre la Grèce par terre, avant que la spéculation ne se déchaine ensuite sur le Portugal ou l'Espagne. Sauf rebondissement de dernière minute, l'accord trouvé hier, devrait être une bonne chose pour l'Europe, elle a enfin parlé d'une seule voix.

Cette histoire laissera des traces, je serai curieux de voir, par exemple, quel sera l'accueil réservé cet été en Grèce aux touristes Allemands...

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