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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/06/11 à 09:43 - Mise à jour à 09:43

Grèce : les citoyens du nord de l'Europe ne veulent plus payer pour un pays qui a triché sur l'état de ses comptes

Dans la crise grecque, il y a en ce moment un bras de fer qui se joue et quelques mensonges qui se perdent.

Dans la crise grecque, il y a en ce moment un bras de fer qui se joue et quelques mensonges qui se perdent.

En ce qui concerne le bras de fer, il a lieu, indirectement, entre les citoyens grecs qui sont exaspérés par tous les sacrifices qu'on leur demande - en vain pour le moment puisque la situation de leur pays ne s'améliore pas - et puis les citoyens du nord de l'Europe, çàd essentiellement les contribuables allemands, qui eux, ne veulent pas payer plus pour un pays qui a triché sur l'état de ses comptes et qui a - en quelque sorte - joué au passager clandestin de l'Euro !

Bref, c'est un remake moderne de la cigale et de la fourmi. La fourmi allemande ne veut plus prêter à la cigale grecque et fait pression sur Angela Merkel pour ne rien céder à la cigale!

Mais ce qu'oublie de dire Merkel à sa population, c'est que jusqu'à présent la crise grecque a rapporté de l'argent à la fourmi allemande - ah bon ? Eh oui, la crise grecque a maintenu une pression à la baisse sur l'euro, or un euro moins fort est une excellente chose pour les exportations allemandes. Je rappelle que le premier exportateur au monde, c'est l'Allemagne. Et puis, deuxième vérité occultée, c'est vrai que l'Allemagne a prêté de l'argent à la Grèce, mais elle l'a fait en prenant une marge de 3 à 3,5% d'intérêt. Autrement dit, sauf si les Grecs devaient faire faillite, ce que personne ne souhaite, la crise grecque a rapporté des milliards d'euros à l'Allemagne. Les Allemands devraient dire : "Danke Scheun" aux Grecs plutôt que d'essayer de les forcer à vendre leurs îles à l'encan !

Et puis, il faut sortir du pessimisme ambiant. Les Grecs ont un peu de marge pour mieux gérer leur économie, d'abord, en luttant contre la fraude fiscale qui doit représenter la bagatelle de 20 milliards d'euros. Ensuite, en faisant en sorte que l'argent rentre dans les caisses de l'Etat. En Grèce, par exemple, comme il n'y a pas de cadastre, il n'y a pas d'impôt foncier. C'est évidemment une hérésie. Quant au budget militaire grec, il est de 3 % du PIB alors que la moyenne européenne est d'à peine 1,7 % du PIB. Les Grecs doivent comprendre qu'ils peuvent baisser ce budget qui est maintenu aussi élevé uniquement pour faire face à une éventuelle attaque de la Turquie. Ce qui est un non-sens, quand on sait que la Turquie veut entrer dans l'Europe ! Encore faut-il que les Allemands, si rapides à donner des leçons de vertu, ne vendent pas comme ils l'ont fait en 2010, 5 sous-marins aux Grecs.

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