Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

27/04/11 à 11:44 - Mise à jour à 11:44

Google, la nouvelle crainte des chaînes de télévision

Il est des changements qui paraissent simplement techniques et qui, au fond, risquent de chambouler tout un secteur. C'est le cas de la télévision connectée.

Il est des changements qui paraissent simplement techniques et qui, au fond, risquent de chambouler tout un secteur. C'est le cas de la télévision connectée. Comme vous le savez, la plupart des nouveaux téléviseurs sont connectés à l'Internet. Ce mariage de la télé et du Web est perçu comme un danger majeur par les chaînes de télévision. Leur crainte est que Google mette la télévision en coupe réglée, comme il l'a déjà fait pour le Net.

Le danger est tel que des chaines américaines comme NBC, CBS, ABC et Fox ont d'ores et déjà décidé de bloquer l'accès à leurs contenus. Chez nos voisins français, les chaînes se sont alliées face au danger et ont adopté une charte pour éviter que leurs contenus soient pillés sur la télévision connectée.

Concrètement, la télévision connectée aura pour impact de bouleverser la compétition entre les chaînes de télé. Les moteurs de recherche style Google pourraient faire office de super-programme TV en indexant les programmes disponibles sur les chaînes belges, étrangères ou tous les sites de vidéo à la demande.

Comme le faisait remarquer le journal Le Figaro, les conséquences de cette indexation seraient lourdes. Ainsi, une chaîne pourrait acheter des mots-clés sur Google et générer un trafic supérieur à son audience moyenne. A l'inverse, un téléspectateur pourrait taper dans un moteur de recherche le nom de sa série favorite, Dr House par exemple, et être redirigé non pas vers TF1 par exemple, mais vers les épisodes anciens disponibles sur un site de vidéo à la demande, ou même vers les épisodes de la saison suivante diffusés sur une chaîne américaine.

Les chaînes américaines, françaises ou belges risquent ainsi de perdre sur tous les tableaux : elles devront continuer à acheter les programmes et passer par Google pour générer de l'audience. Le tout, en prenant le risque que cette audience péniblement acquise soit, en fin de compte, détournée vers des offres plus alléchantes.

Le pire est que Google pourrait devenir un outil de mesure d'audience... instantanée. Le roi des moteurs de recherche aura beau jeu de proposer aux annonceurs d'orienter les spots de pub vers les programmes les plus visionnés. Autant dire que ce serait la mort programmée de certaines télévisions privées qui ne vivent que de la publicité ! Les télévisions publiques sembleraient mieux protégées contre ce pillage car elles dépendent moins de la pub et leur audience est plus âgée, donc plus captive. Heureusement.

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