Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

14/10/13 à 10:36 - Mise à jour à 10:36

"Google contre la mort"

Serguei Brin, l'un des deux co-fondateurs de Google, pense qu'il est possible de combattre la mort ou du moins de repousser la date de notre mort. Il y croit tellement qu'il a investi une petite partie de sa fortune dans une nouvelle entreprise dont le but est d'augmenter notre espérance de vie !

Le magazine américain Time a été séduit par l'idée et n'a pas hésité à titrer en couverture : "Google contre la mort" ! En réalité, l'idée d'allonger la durée de la vie de l'être humain n'est pas une idée neuve, le quotidien économique français Les Echos montre que d'autres scientifiques pensent qu'avec les progrès des sciences de la vie, il sera sans doute possible de transformer ce rêve en réalité.

Il y a déjà le passé qui plaide pour cette hypothèse. En deux siècles et demi, notre espérance de vie a déjà énormément progressée. Au 18ème siècle, un homme en bonne santé pouvait espérer vivre, en moyenne, jusqu'à 27 ans et une femme jusqu'à 28 ans ; aujourd'hui, l'homme peut espérer vivre, toujours en moyenne, jusqu'à 78 ans, et la femme 85 ans ! Et de fait, comme le constatent les démographes, la plupart des changements qui ont influé le taux de mortalité ont eu lieu au cours des 5 dernières générations sur les 8.000 générations que compte notre espèce humaine !

Et donc, le pari du co-fondateur de Google, c'est que grâce aux nanotechnologies, aux biotechnologies, à l'informatique, nous allons changer notre rapport de force face aux maladies, à la vieillesse et à la mort ! Comment ? Eh bien, avec l'électronique médicale, des modules artificiels vont pouvoir remplacer des organes défectueux. "Grâce à l'ingénierie du vivant et à la manipulation de l'ADN, on peut espérer régénérer des cellules, et enfin, grâce à la nano-médecine, il va devenir possible de réparer des organes, d'intégrer des implants électroniques dans notre corps" dit un spécialiste cité par Les Echos.

Mais la science risque aussi de se heurter à l'économie ou plutôt à la démographie... Si par exemple, l'espérance de vie devait atteindre 150 ans, alors notre Terre pourrait compter 25 milliards d'habitants vers l'année 2300. Autant dire que ce serait un fardeau insupportable pour la planète. Sans compter que notre modèle sociale et notre modèle économique ne seraient pas adaptés à une société où 80% de la population aurait plus de 60 ans et les moins de 20 ans ne représenteraient plus que 2% de la population. D'autant que les inégalités actuelles exploseraient, creusant encore plus la différence entre riches pouvant s'acheter du temps à vivre et les autres, les pauvres... Mais bon, on y est pas encore !

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