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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/11/10 à 15:14 - Mise à jour à 15:14

GM en Bourse : un double triomphe... et une interrogation

"C'est un grand jour pour tout le monde : nos employés, nos clients et les contribuables !" Cette phrase a été prononcée par le CEO de General Motors la semaine dernière. Une annonce lancée en pâture aux journalistes lorsque sa firme a été à nouveau cotée en Bourse de New York.

"C'est un grand jour pour tout le monde : nos employés, nos clients et les contribuables !" Cette phrase a été prononcée par le CEO de General Motors la semaine dernière. Une annonce lancée en pâture aux journalistes lorsque sa firme a été à nouveau cotée en Bourse de New York. Une cotation qui survient plus d'un an après le sauvetage de GM de la faillite par l'Etat américain.

A l'époque, la Maison-Blanche a littéralement nationalisé l'ex-premier constructeur mondial de voitures en y injectant 50 milliards de dollars. Dans un pays réputé ultralibéral, l'opération n'avait qu'un seul but : sauver plus de 100.000 emplois en Amérique du Nord. En réalité, c'est plusieurs millions d'emplois qui ont été sauvés car, si GM avait sombré, ses fournisseurs auraient disparu. Certains disent même qu'il n'y aurait plus d'industrie automobile aux Etats-Unis...

A la fin de la semaine dernière, GM a donc fait son retour en Bourse de manière triomphale.

"Triomphale" pour les dirigeants de GM, d'abord. En vendant la moitié de sa participation en Bourse, l'Etat fédéral cesse d'être l'actionnaire majoritaire de GM. Cette introduction en Bourse revient en quelque sorte à privatiser à nouveau le constructeur automobile, ce qui libère ses dirigeants de la tutelle de l'Etat. Au pays du libéralisme, c'est toujours une bonne chose.

"Triomphale" aussi pour Barack Obama. Après la raclée électorale qu'il a subie au début du mois de novembre, il démontre à ses compatriotes qu'il a eu raison de nationaliser GM puisqu'aujourd'hui, il a pu revendre une bonne partie des actions avec un gain boursier. Tout bénéfice pour le contribuable américain, dont l'argent n'a donc pas été dilapidé. En prime, il a sauvé des millions d'emplois.

Les seuls qui, en réalité, se sont posé des questions sur cette introduction en Bourse sont les salariés et retraités américains de GM. Quelque 5 % des actions de GM leur ont certes été spécifiquement réservées, mais le dilemme était grand : ne pas acheter des actions à un cours très favorable, c'était sans doute manquer un gain rapide et facile, rater une occasion en or de "se refaire" ; dire oui, c'était prendre le risque de voir à nouveau sa maigre épargne partir en fumée, comme ce fut - hélas ! - le cas pour beaucoup d'anciens salariés de GM.

Les Belges qui ont eu des Fortis en portefeuille savent de quoi on parle.

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