Foire agricole de Libramont - Une balance commerciale positive cache des faiblesses du modèle agricole européen

29/07/13 à 17:19 - Mise à jour à 17:19

Source: Trends-Tendances

(Belga) Malgré une balance commerciale positive, l'agriculture européenne n'est pas exempte de faiblesses, qui pourraient requérir, à terme, des changements d'orientations et de comportements, ressort-il d'une analyse réalisée par l'économiste en chef de CBC Banque, Bernard Keppenne, et présentée lundi à la Foire de Libramont.

Foire agricole de Libramont - Une balance commerciale positive cache des faiblesses du modèle agricole européen

Depuis 2010, l'Union européenne affiche une balance commerciale excédentaire en matière de produits agricoles, excédent qui a même atteint 12,6 milliards d'euros en 2012. Des chiffres positifs mais qui peuvent agir en trompe l'oeil. "En fait, c'est une diminution des importations qui explique en partie l'excédent commercial qui est aussi fortement dû aux exportations de produits finis, parmi lesquels les vins et spiritueux", explique Bernard Keppenne. En examinant la réalité européenne de plus près, l'économiste constate que l'UE doit recourir massivement, soit pour plus de la moitié de ses besoins, aux importations d'aliments pour animaux et notamment de soja (graines et tourteaux) en provenance des Etats-Unis, du Brésil et de l'Argentine. Cette forte dépendance, qui devrait se poursuivre à l'avenir et exposera l'Europe à une concurrence avec la Chine, dont la demande explose, s'explique par l'intensification des activités d'élevage sur le Vieux Continent. Pour les céréales, et le blé en particulier, le marché fait l'objet d'échanges internationaux soutenus, en fonction des aléas climatiques. Mais là aussi, l'UE est fort dépendante de six pays, dont l'Ukraine, qui représente à elle seule plus de 25% des importations européennes. "En évoquant l'Ukraine, on parle souvent de la dépendance énergétique de l'Union européenne, mais il y a aussi une dépendance pour les céréales à ce pays politiquement instable", souligne l'économiste en chef. Cette dépendance européenne existe également pour les huiles végétales (huile de palme...), marché ultra dominé par la Malaisie et l'Indonésie. Enfin, l'UE importe depuis le Brésil une grosse part de ses besoins en sucre. "Si le Brésil décide d'utiliser une partie de sa production à destination d'agrocarburants, il y aura un problème", pointe Bernard Keppenne. L'économiste suggère dès lors de développer la culture de légumineuses en Europe, production qui serait moins touchée par la hausse des coûts de l'énergie et permettrait d'enrichir les sols en azote et donc de les fertiliser. L'économiste prône également le développement de circuits courts "allant de pair avec des changements dans nos habitudes alimentaires". (Belga)

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