Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/04/13 à 08:52 - Mise à jour à 08:52

Faut-il supprimer le billet de 500 euros ?

Voici une question qui revient régulièrement à la Une de la presse car le billet de 500 euros est associé aux trafics illicites et également à la fraude fiscale ; d'ailleurs, la plupart des commerçants s'en méfient et ne les prennent pas toujours, de peur d'avoir un faux billet en mains...

De plus, ce billet de 500 euros a un autre désavantage : il représente un tiers de la valeur des billets en circulation, soit 290 milliards d'euros, alors qu'ils sont très peu utilisés... En effet, deux tiers de ces billets sont thésaurisés par les usagers !

Une banque (Bank of America Merrill Lynch) vient de faire une étude sur ce sujet. Selon elle, la disparition du billet de 500 euros aurait plusieurs avantages, dont celui de taxer les activités illicites et l'évasion fiscale. Le plan envisagé par cette banque est le suivant : les usagers auraient un mois pour rapporter leurs billets de 500 euros à la banque de leur choix ; et pour des montants supérieurs à 10.000 euros, ils devraient prouver que l'origine de cet argent provient d'activités légales. Après la date fatidique d'un mois, les billets qui sont estimés comme "pas clairs" et ceux qui restent encore dans le circuit seraient considérés comme des... profits pour la banque centrale européenne. Autrement dit, cet argent servirait à renflouer les banques qui en ont encore besoin, notamment dans les pays du sud de l'Europe !

Bien entendu, c'est une étude, et il n'est pas dit que les politiques vont se saisir de ce projet... Ne serait-ce que parce que certains pays tiennent à ces billets de 500 euros, notamment les Allemands qui aiment les grosses coupures. Mais c'est aussi le cas des citoyens espagnols. Selon le journal Les Echos, un quart des billets de 500 euros se trouvent en Espagne, sans doute en raison de l'importance de l'économie en noire dans ce pays ! Reste à voir si les politiques vont se saisir du sujet, mais avec la crise et les différentes fuites sur l'anonymat, on l'a vu, plus rien ne les arrête, une affaire à suivre, donc.

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