Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/11/13 à 10:44 - Mise à jour à 10:44

Faut-il scinder les banques en deux?

Pour certaines organisations citoyennes, la réponse est clairement oui ! Et pour bien se faire comprendre, elles ont lancé une campagne de soutien à ce projet, campagne qui a pour objectif de récolter plus de 100.000 signatures en Belgique !

L'objectif de cette campagne est donc d'exhorter le gouvernement à revenir à une séparation stricte des métiers bancaires afin d'éviter qu'à l'avenir, une nouvelle crise oblige l'État à voler au secours des banques, et donc, ne porte à nouveau préjudice aux contribuables.

La revendication de ces 3 organisations citoyennes porte sur une scission entre les activités dites de spéculation et les activités bancaires "classiques" de banque de détail ; autrement dit, la récolte d'épargne d'un côté, et l'octroi de crédits aux clients des banques, d'un autre côté. Evidemment, cette pétition publique n'arrive pas par hasard. Les lobbys en question savent très bien que Koen Geens, le ministre des Finances planche actuellement sur un projet de loi sur la séparation bancaire. Mais ce projet de loi ne rassure pas ces mouvements de pression, car certaines informations ont filtré dans la presse ; informations selon lesquelles la Banque nationale de Belgique serait plutôt en faveur d'une séparation juridique, et non pas, d'une scission pure et simple, entre les activités spéculatives et celles de banque de détail. Et donc, disons-le clairement cette campagne a pour but de faire pression sur le gouvernement pour qu'il en reste à une séparation pure et simple et non pas uniquement juridique !

Au fond, ce que veulent ces associations, c'est appliquer la fameuse phrase de l'ancien gouverneur de la banque centrale britannique Mervyn King qui disait que les banquiers devaient réapprendre à devenir ennuyeux. En clair, plutôt que de se lancer dans des opérations de spéculation pour compte propre, ils doivent se contenter, si je puis dire, de récolter les dépôts d'un côté, et les transformer en crédits de l'autre, et prendre au passage leur marge : un point c'est tout !

C'est une vision évidemment idyllique du métier de banquier mais la vie n'est pas noire ou blanche... Souvenez-vous que la première banque britannique à avoir souffert de l'éclatement de la crise, c'était Northern Rock qui pourtant était uniquement spécialisée dans la banque aux particuliers. Même chose pour les banques espagnoles, les fameuses cajas. A l'inverse, la banque Lehman Brothers qui a fait faillite en 2008 était une pure banque d'investissement !

Oui, il faut éviter qu'en cas de problème bancaire, le contribuable soit systématiquement sollicité, mais attention aussi aux simplifications...

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